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Les abeilles et les humains, une relation vieille de 9.000 ans

Workforce | Dirk Duckhorn via Flickr CC License by

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L’analyse de poteries anciennes montre que les produits de la ruche sont utilisés par les hommes depuis bien plus longtemps que ce que l’on pensait.

Nos relations avec les abeilles sont très, très anciennes, d’après des chercheurs anglais et français qui ont examiné 6.400 de tessons de poteries retrouvées dans divers sites archéologiques d’Europe, du Proche-Orient et d’Afrique du nord. Sur un petit nombre d’échantillons datés du Néolithique, ils ont trouvé la signature chimique caractéristique de la cire d’abeille.

Le plus ancien vient du site de Çatal Höyük, dans le sud de l’Anatolie, en Turquie, et date de 7 millénaires avant J-C. L’étude, publiée cette semaine dans la revue Nature, montre donc que les humains et les abeilles ont commencé à établir des relations peu après la naissance d’une agriculture dans la région, il y a 9.000 ans –soit 2.000 ans plus tôt que ce que l’on ne pensait. D’autres restes de cire ont été observés sur des tessons un peu plus récents, venant des Balkans, de Grèce, d’Europe centrale, d’Algérie.

La ruche, cette grande inconnue

Les chercheurs résument ainsi:

«Nous démontrons que les produits des abeilles ont été exploités sans interruption et probablement intensivement dans certaines régions, au moins depuis le VIIe millénaire av. J-C, en remplissant sûrement une variété de fonctions culturelles et technologiques.»

Cependant, comme l’explique NPR, «la présence de cire d’abeille ne signifie pas que les anciens agriculteurs étaient des apiculteurs, avec des ruches appropriées». Les gens ont sans doute d’abord récolté le miel et la cire dans des ruches sauvages. 

Le Temps précise que «des peintures rupestres retrouvées en Espagne et datant du Néolithique montrent en effet des personnages en train de prélever du miel sur des parois rocheuses. Quant aux premières représentations d’abeilles domestiquées, elles datent du Haut Empire égyptien, 2.400 ans avant notre ère. Il est cependant difficile de déterminer avec précision quand les êtres humains se sont mis à fabriquer des ruches».

Poteries, lumière?

Ces traces de cire d'abeille suggèrent en tous cas que tous les produits de la ruche étaient utilisés. Les habitants de Çatal Höyük mangeaient donc certainement du miel, une source de douceur rare à l’époque.

Mais que faisaient-ils de la cire? Les hypothèses sont nombreuses. Elle pouvait servir à imperméabiliser des poteries, ou à réparer des fissures. La cire a peut-être aussi été brûlée dans des lampes pour fournir de la lumière.

C’est en tous cas une raison de plus pour se soucier de la conservation d’une espèce en déclin, avec laquelle on cohabite depuis des milliers d’années. Mark Winston, professeur d’apiculture et spécialiste des insectes sociaux à l’université Simon Fraser, explique ainsi au Washington Post :

«Cette étude démontre la relation proche que les humains ont eu avec les abeilles depuis des milliers d’années, et suggère que l’actuelle crise des abeilles est une chose que nous devons prendre très au sérieux, car c'est un obstacle à cette étroite relation symbiotique.»

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