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Et si le prix Puskas choisissait plutôt de récompenser un vrai but de football?

Temps de lecture : 2 min

Chaque année, la Fifa choisit les plus beaux buts de la saison. Des choix qui renient très souvent l’essence collective du football.

En 2016, cela fera soixante ans que les différents acteurs du football octroient chaque année à un joueur le Ballon d’or. Le principe des récompenses individuelles dans les sports collectifs a toujours représenté un paradoxe troublant, mais il faut bien reconnaître que certaines équipes ne seraient pas les mêmes sans leurs stars.

Mais là où cette glorification de l’individualité nous irrite vraiment, c’est lorsque la Fédération internationale de football (Fifa) annonce la sélection du prix Puskas. Chaque année, elle choisit ainsi dix des plus beaux buts des douze mois écoulés, chargés de rendre hommage à l’extraordinaire buteur que fut le vice-champion du monde hongrois.

Pour cette édition 2015, certains sont magnifiques. Qu'il s'agisse d'une superbe frappe lointaine comme celle de l'Américaine Carli Lloyd en finale de la Coupe du monde féminine contre le Japon ou un exploit individuel remarquable comme celui de Lionel Messi (un parmi tant d’autres), le Major Galopant peut être fier de ces descendants.

YouTubisation du football

Mais c’est aussi là que le bât blesse. Sur les dix buts sélectionnés par la Fifa, presque tous sont des moments de gloire individuels. Seul le but du Brésilien Wendell Lira intègre une action collective de qualité avant sa réalisation. Et encore, on le soupçonne d’avoir été intégré pour sa finition acrobatique.

Les précédents ne nous font pas mentir non plus. Depuis la création du prix Puskas en 2010, pas un seul but collectif n’a été consacré par la Fifa. Une tendance symptomatique d'une certaine YouTubisation du football: ce qui provoque le partage sur les réseaux sociaux doit désormais absolument ressembler à une frappe limpide de trente-cinq mètres ou une succession de dribbles provoquant des torticolis chez les défenseurs.

Pour remédier à ce mal infâme, nous vous proposons une sélection qui va vous rappeler que le football, c'est aussi des passes, des décalages et des coéquipiers –un peu à l'image de ce que nous avaient proposés Aaron Ramsey et Arsenal en 2013, pour un but qui n'avait évidemment pas été nommé au prix Puskas.


1.Ezequiel LavezziParis Saint-Germain - Stade Rennais (Ligue 1)

2.Marie-Laure DélieFrance - Corée du Sud (Coupe du monde)

3.Fernando GagoBoca Juniors - Guarani (Coupe d'Argentine)

4.Valeriane HviliiaMetalurh Zaporizhya - Dnipro Dnipropetrovsk (Championnat ukrainien)

5.Clint DempseySeattle - New England (MLS)

6.Jean BarrientosCracovie - Gdansk (Championnat polonais)

7.Theerathorn BunmathanThaïlande - Vietnam (Coupe d'Asie)

8.José Antonio ReyesSéville - Standard de Liège (Ligue Europa)

9.Giovanni SimeoneBanfield - Crucero del Norte (Championnat argentin)

10.Patrick BamfordMiddlesbrough - Millwall (Championship)

Bonus track: Les U14 du FC Barcelone

À partir de 45 secondes dans la vidéo.


Plutôt que participer au vote de la Fifa, vous pouvez voter ci-dessous pour votre but préféré au sein de cette sélection. Verdict le 11 janvier 2016.

Grégor Brandy Journaliste

Christophe-Cécil Garnier Journaliste à Slate.fr

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