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Le ministre de la Défense russe, potentiel successeur de Poutine

Sergueï Choïgu (au centre), lors d'une visite au Pérou | Gallerie du minsitère de la Défense du Pérou via Flickr CC License by

Sergueï Choïgu (au centre), lors d'une visite au Pérou | Gallerie du minsitère de la Défense du Pérou via Flickr CC License by

Sergueï Choïgu a des arguments à faire valoir.

Difficile à croire mais c’est pourtant vrai: non, Vladimir Poutine n’est pas éternel. Et le journal anglais The Economist se pose déjà la question de la succession du président russe. Selon le titre, c’est Sergueï Choïgu, le ministre de la Défense, qui tient la corde. Chargé des armées par l’exécutif depuis la fin de l’année 2012, son emploi du temps a vite été rempli par la crise ukrainienne puis, plus récemment, par l’intervention aérienne russe en Syrie.

Il n’y a rien là qui doive effrayer cet homme de confiance de Poutine (Evgueny Michenko, analyste de la politique russe interrogé dans l’article, estime qu’il est le deuxième personnage le plus influent de l’entourage du chef d’État après Sergueï Ivanov, chef de l'administration présidentielle), ministre pendant près de vingt ans des situations d’urgence. Une longue participation au gouvernement qui a fait apprécier à ses supérieurs son sens du dévouement. 

Il a notamment soutenu Boris Eltsine lors de la tentative de coup d’État de 1991 puis en 1993 lors de la crise parlementaire et constitutionnelle. Plus tard, il est l’un des leaders du parti Unité, qui porte Vladimir Poutine au pouvoir et puis lui donne son assise politique en devenant, après diverses fusions, Russie unie. Si Choïgu paraît bien placé pour remplacer Poutine en cas de départ, c’est aussi parce que la politique étrangère belliqueuse menée en ce moment par le Kremlin l’a mis davantage encore sous le regard du grand public.

Une très belle maison... Plus belle que le Kremlin?

Mais Radio Free Europe s’est récemment fait l’écho d’un danger menaçant l’ascension et la carrière de Choïgu: il se pourrait bien qu’il soit bientôt rattrapé par une affaire de corruption. L’équipe de l’opposant russe Alexeï Navalny accuse le ministre de posséder, via des prête-noms, une très belle maison à Barvikha, banlieue chic à l’ouest de Moscou. 

Elle estime le terrain à 9 millions de dollars et l’ensemble de la propriété à 18 millions de dollars. Or, en novembre 2009, c’est Ksenia, la fille de Choïgu, qui en était la propriétaire officielle... un peu cher pour une étudiante de 18 ans. Le titre de propriété a depuis été transféré à la belle-sœur de Choïgu.

Le déménagement vers le Kremlin pourrait se compliquer.

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