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Les spermatozoïdes ne font pas que nager: ils peuvent aussi ramper

Les spermatozoïdes sont à même de nager en rampant | Grace Hebert via Flickr CC License by

Les spermatozoïdes sont à même de nager en rampant | Grace Hebert via Flickr CC License by

Le sperme humain a optimisé son cheminement pour pouvoir passer les trompes de Fallope.

Une équipe de scientifique de l’université de Toronto, menée par la chercheuse Reza Nosrati, a tenté d’en savoir plus sur les déplacements de spermatozoïdes afin de comprendre leur cheminement vers l’ovule. À l’aide d’un microscope de fluorescence par réflexion totale interne, qui permet d’étudier un échantillon de moins de 200 nanomètres d’épaisseur, elle a découvert que les spermatozoïdes ne faisaient pas que nager selon le mouvement qu’on leur connaissait jusque-là. Comme nous le raconte le Los Angeles Times, les gamètes seraient capables de «ramper»:

«Plus les cellules reproductrices était proches du récipient [dans lequel l’analyse a été réalisée], et plus ils étaient à même de nager en rampant. Pour le sperme humain, la viscosité était aussi un facteur: plus l’environnement était visqueux et plus ils étaient susceptibles de ramper.»

Viscosité

Derrière ces questions de déplacement, le but est évidemment de mieux comprendre le cheminement des gamètes jusqu’à l’ovule lors de la fécondation. Par exemple, le fait de ramper les aiderait à avancer plus droit, et surtout plus vite: les chercheurs ont découvert que le spermatozoïde humain nage 50% plus vite quand il rampe, ce qui n’est pas une coïncidence: «Le sperme humain serait optimisé pour se déplacer plus vite dans les trompes de Fallope, où les passages étroits augmente la viscosité et forcent les cellules à se déplacer plus près des parois.»

L’étude a comparé ces résultats avec le sperme de taureau. Les cellules n’ont pas à affronter de passages étroits étant donné la constitution de l’appareil reproducteur de la vache. D’ailleurs, si le spermatozoïde de taureau essaye de ramper, il avance 50% plus lentement. Ainsi, et contrairement à l’homme, c’est la vitesse qui prime.

Pour les auteurs de l’étude, ces résultats pourraient aider la recherche dans la lutte contre l’infertilité. Dans un communiqué publié sur le site de l’université de Toronto, les auteurs expliquent qu’ils doivent désormais déterminer «si le fait de ramper est limité à un sous-ensemble de spermatozoïdes». Alors ils pourront voir si cette capacité est synonyme de sperme de qualité, et ils pourront mieux trier les gamètes pour ne garder que les meilleurs lors de fécondations in vitro par exemple ou pour améliorer les traitements contre l’infertilité.

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