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Le jour où Meryl Streep a été éliminée d'un casting parce qu'elle était «trop moche»

C'est une histoire que Meryl Streep avait déjà racontée, et sur laquelle sont revenus les fans qui tiennent la page du compte Meryl L Streep, le 10 novembre. L'histoire du casting de King Kong.

Sous la photo Facebook on peut lire: 

«C'est moi, sur le chemin de la maison. Je rentre d'une audition pour un rôle dans King Kong, à laquelle on m'avait dit que j'étais trop «moche» pour l'avoir. Ca a été un moment charnière pour moi. Cette opinion, sans scrupules, aurait pu m'éloigner de mon rêve, celui de devenir une actrice; ou bien ça pouvait me forcer à me prendre en main, et m'obliger à croire en moi. J'ai inspiré profondément et j"ai dit "Je suis désolée que vous pensiez que je suis trop moche pour votre film, mais vous ne représentez qu'une seule opinion, dans un océan et je vais aller me trouver une marée plus clémente." Aujourd'hui j'ai 18 Academy Awards.»

 

"This was me on my way home from an audition for King Kong where I was told I was too "ugly" for the part. This was a...

Posted by Meryl L. Streep on Tuesday, November 10, 2015

La légende a sans doute été écrite par les fans et Meryl Streep n'a remporté que 3 Academy Awards. Mais l'anecdote correspond bien à une histoire que la comédienne a plusieurs fois rapportée. 

Le producteur de King Kong était Dino DeLaurentiis (Les Trois jours du Condor, Hannibal, Les Nuits de Cabiria...), il cherchait une actrice pour le rôle et son fils avait vu Meryl Streep au théâtre. Il avait proposé à son père de la recevoir. C'est en la voyant qu'il s'était exclamé, en italien «che brutta!»: quel laideron.

Dans un portrait de Vanity Fair consacré à la comédienne, en 2010, celle-ci expliquait qu'elle avait passé des années à s'inquiéter de ne pas être assez belle. Et pour Hollywood, elle ne l'était jamais assez. 

La photographe Brigitte Lacombe, qui a photographié Meryl Streep de nombreuses fois depuis les années 70, commentait alors: «Ce n'était pas une beauté comme les autres. Elle avait l'air différente. Il y avait des choses qui faisaient qu'elle était à part. C'était vraie à l'époque et ça l'est encore. Il y a cette citation [du réalisateur] Mike Nichols—il a dit une fois, "On dirait qu'elle a avalé une ampoule." Il y a quelque chose de complètement transparent chez elle, un rayonnement, qui est frappant et délicat». 

Après des années à s'épuiser dans les complexes, Streep a décidé de ne plus s'en préoccuper: 

«Une si grande partie de la vie [de ma vie] a été consacrée à m'inquiéter de savoir si j'étais assez attirante, assez séduisante. Au bout d'un moment, cela m'a fatiguée de m'inquiéter. De toute façon, je n'étais jamais assez jolie.»

C'est ça et une envie d'authenticité qui l'ont poussée par exemple à refuser la chirurgie esthétique, qui aurait représenté selon elle un obstacle, un mur entre elle et les spectateurs. 

C'est ce refus des conventions hollywoodiennes qui donnent aujourd'hui à ses rôles la force de la vérité: un vrai visage, un âge, réel, des potentialités de rôles plus riches pour des personnages de femmes de la soixantaine que peu d'actrices hollywoodiennes peuvent jouer, le visage lisse et figé. «Elle a brisé le plafond de verre des stars-femmes plus âgées, expliquait Mike Nichols –qui l'a dirigée plusieurs fois– dans l'article de Vanity Fair. Ce n'est jamais, jamais arrivé avant».

Cet article, qui comprenait des erreurs dans sa première version, a été mis à jour. 

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