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À court de cobaye, il se fait implanter des électrodes dans son cerveau

Le neurologue Philip Kennedy a pris beaucoup de risques pour pouvoir poursuivre ses recherches

Dans les années 1990, le neurologue Philip Kennedy a implanté des électrodes dans les cerveaux de personnes paralysées, et dans plusieurs cas, l'interface cerveau marchine a permis aux patients de faire bouger des curseurs sur des ordinateurs, par la force de leur pensée. Depuis ce moment, Kennedy cherche à créer un décodeur de langage, un logiciel qui permettrait de traduire des signaux neuronaux en mots audibles.

Mais la Food and Drug Administration, l'autorité américaine qui régule les expériences médicales, a cessé d'approuver le dispositif qu'il utilisait. L'autre problème pour faire avancer les recherches était le fait de travailler avec des patients paralysés incapables de parler. 

Opéré au Bélize

Pendant un an, Kennedy a recherché un patient atteint de la maladie de Charcot (SLA) mais qui serait encore capable de parler. L'idée aurait été ensuite de lui faire implanter des électrodes à l'étranger, afin d'échapper à l'interdiction des autorités américaines, rapporte la MIT Technology Review. 

«Je ne trouvais personne. Donc après avoir beaucoup réfléchi, j'ai décidé de le faire sur moi-même.»

En 2014, il a donc été se faire implanter des électrodes dans un hôpital au Bélize. Il avait aussi préparé son testament au cas où l'opération se passait mal. Lorsqu'il s'est réveillé, il ne pouvait pas parler. L'augmentation de sa tension artérielle avait causé un gonflement du cerveau et une paralysie temporaire, des symptômes qui n'ont pas effrayé Kennedy, dans la mesure où il était au courant de ces effets secondaires.

L'incision n'a jamais guéri

Après avoir subi une deuxième opération au Bélize, il a commencé à s'étudier dans son laboratoire. Il a enregistré ses propres signaux neurologiques alors qu'il répétait plusieurs sons et mots. Il a trouvé que certains neurones s'activaient lorsqu'il disait certains mots ou imaginait dire certains mots.

Kennedy, qui a 67 ans, pensait pouvoir encore s'étudier pendant des années avec les implants dans le cerveau, mais l'incision dans son crâne n'a jamais vraiment guéri et il a donc dû se faire enlever les implants dans un hôpital américain.

Il explique au MIT Technology Review qu'il pourra tout de même travailler sur les données recueillies pendant plusieurs années.

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