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Comment les réseaux sociaux dépoussièrent la poésie

Poème publié par Tyler Knott Gregson sur son compte Instagram

Poème publié par Tyler Knott Gregson sur son compte Instagram

Partis de plateformes comme Tumblr ou Instagram, ils sont aujourd’hui devenus des auteurs publiés et connaissent un succès rare. Même Khloé Kardashian a été séduite.

Si vous possédez un compte Instagram ou un blog sur Tumblr, il n’est pas impossible que vous ayez vu passer sous vos yeux de petits post-its sur lesquels sont inscrits des poèmes en anglais.


L’auteur de ces petits poèmes s’appelle Tyler Knott Gregson. Le New York Times s'est penché sur le parcours de cet écrivain de 34 ans qui connaît actuellement un succès fou en librairie au États-Unis. Son premier livre sorti en 2014, Chasers of the light, a été écoulé à plus de 120.000 exemplaires, un chiffre rarement atteint pour de la poésie. Et son nouveau recueil All the Words Are Yours a été imprimé à plus de 100.000 exemplaires.

L'ère des «instapoètes»

Un succès phénoménal, pour un art que l’on pouvait penser un peu désuet, et que le jeune homme doit aux réseaux sociaux. Sur Instagram, il compte 263.000 abonnés et son Tumblr collectionne les notes et les «reblog». C’est sa popularité en ligne, où il a commencé à publier ses petits poèmes, qui lui a permis d’être remarqué sa nouvelle maison d’édition et de rencontrer plus d’une centaine de fans à chaque séance de dédicace.

Au-delà de Tyler Knott, de nombreux auteurs amateurs utilisent aussi les réseaux sociaux pour diffuser leur poésie. À tel point que le New York Times parle «d’Instapoètes»:

«Ces poètes amateurs ne gagnent pas de prix littéraires, et la plupart n’ont jamais eu de diplôme en ateliers d’écriture. À la place, leur attrait vient du parfum brut de leurs vers, qui donnent souvent l’impression d’avoir été arrachés des pages d’un carnet.»

Un podium unique

Et actuellement aux États-Unis, trois des meilleures ventes de livres de poésies ont été écrits par des auteurs venant d’Instagram ou de Tumblr. On peut ainsi citer Lang Leav, jeune instapoète vivant en Nouvelle-Zélande et qui a aussi connu un succès fulgurant. «Je ne sais pas ce qui m’a pris pour le mettre en ligne, étant donné qu’il y a beaucoup de choses personnelles, explique-t-elle au journal. Mais cela a vraiment résonné, et les gens ont commencé à les partager sur les réseaux sociaux.» Elle totalise 127.000 abonnés sur Instagram et la très influente Khloé Kardashian a partagé sur son compte le poème «Closure» de Lang Leav. L’ex-vedette de téléréalité partage également des textes de Robert M. Drake, un auteur de Miami qui compte plus de 1,3 millions d’abonnés sur le réseau social et donc les deux livres ont atteint 160.000 copies vendues.

Une nouvelle mode bienvenue quand on sait que les lecteurs de poésie se font plus rares aux États-Unis et qu’il est très difficile de percer dans cet art si particulier. «C’est un super podium pour les poètes qui pourraient sembler être marginalisés par la culture mainstream», estime le rédacteur en chef du magazine Poetry, Don Share. Après la chanson et la comédie, la poésie pourrait elle aussi bénéficier d’un coup de jeune grâce aux réseaux sociaux.

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