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Non Jeb Bush, tuer Hitler bébé n'a rien d'évident

Jeb Bush en 2012 devant le World affairs Council | The World Affair Council via Flickr CC License by

Jeb Bush en 2012 devant le World affairs Council | The World Affair Council via Flickr CC License by

À la question de savoir s'il tuerait Adolf Hitler au berceau s'il en avait la possibilité, le candidat à la primaire républicaine n'a pas hésité une seconde. Il aurait dû.

Il y a quelques semaines, nous vous parlions de cette initiative du New York Times qui avait demandé à une partie de ses lecteurs, via son compte Twitter, s'ils tueraient Hitler encore bébé s’ils en avaient la possibilité. À l’issue de ce sondage absolument pas scientifique, 42% des personnes avaient répondu par l’affirmative.

Dans un grand élan confraternel, le Huffington Post a alors décidé de poser cette question de première nécessité à Jeb Bush, candidat à la primaire républicaine. Apparemment, l’interrogation ne se pose même pas pour l’ancien gouverneur de la Floride: «Bien sûr que je le ferai! Il faut bien faire quelque chose, mec», a-t-il répondu, «en haussant les épaules», précise le site internet.

On ne change pas l'histoire

Vox a le mérite de souligner que non, il n’y a rien de bien évident là dedans. Mais en bon Anglo-saxon, l’auteur de  l’article envisage ce sujet métaphysique non pas sous un angle moral mais utilitariste. Et il a monté un bon dossier.

 

Tout d'abord, il montre qu’il y a de bonnes raisons de douter que même si l’être humain était capable de remonter le temps il serait incapable de changer l’histoire. Il prend ici appui sur le principe de cohérence de Novikov qui explique qu’un retour dans le passé n’altérerait pas la suite des événements que nous connaissons. En quelque sorte, le «voyageur» ne traverserait les époques que pour aider l’Histoire à s’accomplir et non pour la modifier.

Un homme encore pire

Ensuite, Vox évoque la possibilité de tuer Hitler au berceau, en 1889, sans avoir à remonter dans le temps. Le site imagine pour cela un individu vivant en Autriche à cette époque et muni de la certitude que ce nourrisson aux grosses joues sera un jour le responsable du massacre de millions et de millions d’hommes. Admettons qu’il le tue. 

L'absence d'Hitler pourrait permettre l’émergence d’un autre type de régime belliqueux et antisémite plus meurtrier encore

Il est possible qu’à ce moment-là, il prive le futur parti nazi de son leader, de son accession au pouvoir et par conséquent évite la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Il n’est pas impossible non plus que l’absence d’Hitler laisse de la place à un homme encore pire que lui, si tant est que ce soit possible, ou encore permette l’émergence d’un autre type de régime belliqueux et antisémite plus meurtrier encore que le joug hitlérien. 

Un affrontement États-Unis/URSS plus violent?

Enfin, histoire de continuer encore un peu dans l’absurde, on peut alors imaginer que sans l’Allemagne nazie et les horreurs du conflit contre elle, l’affrontement entre les États-Unis et l’URSS aurait éclaté plus tôt et cette fois-ci de manière ouverte et non pas larvée comme pendant la Guerre froide.

On pourrait aussi imaginer qu’il existe d’autres solutions pour esquiver la Seconde Guerre mondiale ou que le meurtre arbitraire d’un être humain, fût-il le futur chancelier criminel, paraisse un peu questionnable moralement. Ou, dans un autre registre, que la question n’ait strictement aucun intérêt du point de vue de la politique américaine. Mais les électeurs américains sont sûrement ravis d’avoir enfin le sentiment de Jeb Bush sur le sujet. 

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