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Selon une athlète russe, «99% de l'équipe nationale était dopée»

Liliya Shobukhova franchit la ligne d'arrivée du marathon de Londres, en 2011 | REUTERS/Paul Hackett

Liliya Shobukhova franchit la ligne d'arrivée du marathon de Londres, en 2011 | REUTERS/Paul Hackett

L’Agence mondiale antidopage a demandé la suspension de la Russie.

Une commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage a recommandé la suspension de la Fédération russe d’athlétisme, soupçonnée de multiples infractions liées au dopage. C’est en tout cas ce qui est annoncé dans un rapport «explosif», rendu public ce lundi 9 novembre et dont Le Monde se fait écho:

«La commission dit avoir “identifié des défaillances systémiques au sein de l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) et de la Russie” empêchant ou restreignant la mise en œuvre d’un programme antidopage efficace. Cette pratique “n’aurait pu exister” sans l’aval du gouvernement russe.»

Dans ce rapport (disponible en PDF), on trouve notamment ce passage:

«Mme Evgeniya Pecherina, par exemple, une spécialiste du lancer de disque, a déclaré qu’elle pensait qu’environ 99% de l’équipe nationale était dopée.»

Ce chiffre provient d’une réponse à la question d’un journaliste détaillée un peu plus loin, qui lui demandait combien d’athlètes de l’équipe nationale étaient dopés selon elle:

«Quasiment 99% et l’on a absolument tout ce que l’on veut. Tout ce que veulent les athlètes. Et plus la période de détection est courte, plus le produit est cher.»

Dopage organisé

Quelques lignes plus tôt, le rapport expliquait que la marathonienne russe Liliya Shobukhova «affirmait qu’elle et son mari avaient payé des officiels de l’Araf (la fédération russe d’athlétisme) 450.00 euros pour “couvrir” ses précédentes violations de la réglementation sur le dopage».

Laisse couler, ou tu pourrais malencontreusement avoir un accident de voiture

Témoignage d’un athlète craignant pour sa sécurité dans le rapport de l’Agence mondiale antidopage

«Encore plus alarmant, certains athlètes avaient peur pour leur propre sécurité s’ils ne suivaient pas les fonctionnements internes de l’équipe nationale. Par exemple, un athlète a impliqué que l’on ne devait pas se plaindre de ces pratiques. Comme il le raconte: “Laisse couler, ou tu pourrais malencontreusement avoir un accident de voiture.” En plus de ces athlètes, des entraîneurs comme Oleg Popov ont souligné que les athlètes de l’équipe nationale n’avaient pas d’autre choix que de se doper. Sinon, ils étaient “out”, ce qui signifie qu’ils étaient éloignés de l’équipe.» 

Comme l’indique L’Équipe, «le dopage organisé dépasse la seule Russie et l’athlétisme, indique le document de 335 pages»:

«Le rapport estime par ailleurs que les JO de Londres ont été “sabotés” par la présence d’athlètes dopés. Interpol, basé à Lyon, a annoncé qu’il allait coordonner une enquête mondiale pilotée par la France.»

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