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Pourquoi il faut se méfier de l’étude sur l’altruisme des enfants athées

Des enfants de migrants reçoivent des cadeaux de bienvenue à Hanau en Allemagne le 24 septembre 2015 | REUTERS / Kai Pfaffenbach

Des enfants de migrants reçoivent des cadeaux de bienvenue à Hanau en Allemagne le 24 septembre 2015 | REUTERS / Kai Pfaffenbach

La propension à l’altruisme se calcule-t-elle à partir du nombre d’autocollants que serait prêt à donner un enfant?

C’est une étude qui a fait le tour des médias. Publiée dans la revue scientifique Current Biology, elle conclut que les enfants de famille non religieuse seraient plus altruistes que les autres, en l’occurrence que les chrétiens et les musulmans. Cette enquête signée par des chercheurs de l’université de Chicago casse les stéréotypes qui voudraient que les enfants croyants et élevés dans des valeurs religieuses soient charitables et généreux. Pourtant, le blog Why Evolution Is True rapporte que cette étude serait partiale et nous invite à regarder les chiffres de plus près.

Pour rappel, les chercheurs ont observé 1.170 enfants originaires de six pays. Pour estimer l’altruisme des jeunes sujets, les chercheurs ont proposé à chacun trente autocollants. Ils ont demandé aux enfants de choisir leur dix préférés et leur ont dit que ces dix autocollants leurs appartenaient désormais. Les scientifiques ont ensuite dit aux enfants que beaucoup de leurs camarades n’avaient pas eu le privilège d’avoir des autocollants et leur ont ainsi proposé de les partager. Deux enveloppes étaient à leur disposition: une où les enfants placeraient les autocollants qu’ils souhaitaient garder; l’autre pour ceux qu’ils offriraient à leurs petits camarades. C’est ainsi qu’a été calculée, en fonction du nombre de stickers qu’ils donnaient, la propension à l’altruisme de chacun. Les résultats sont connus: les enfants issus de familles athées ont donné plus d’autocollants.

«Approche théologique de la science»

L’auteur de l’article sur le blog Why Evolution Is True émet toutefois certaines réserves quant aux conclusions de l’étude par rapport aux questions posées. Il estime premièrement que, dans un cas de figure où on proposerait de donner de l’argent à une œuvre caritative ou alors de sauver une personne de la noyade, nul ne sait comment les enfants réagiraient et que l’altruisme est difficilement quantifiable à partir d’un simple don de stickers. Il reproche également aux chercheurs d’avoir mis sur le même plan chrétiens et musulmans alors que, semble-t-il, les premiers n’auraient donné qu’un demi-sticker de moins que les athées et les seconds un sticker de moins. Une différence réelle mais pas si probante.

L’auteur s’est également intéressé à la rubrique «remerciements» de l’étude, dans laquelle on peut lire: «Cette recherche a été soutenue par une subvention de la Fondation John Templeton.» Or cette fondation, dont le but est de financer des recherches «scientifiques», est assez controversée. On lui reproche ses positions conservatrices, son homophobie, son «approche  théologique de la science» ou encore «son influence financière pour encourager les chercheurs et les journalistes afin de produire les documents favorables à sa position reliant la religion à la science»

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