France

Le RSA-jeunes fâche l'UMP sans satisfaire les jeunes

Slate.fr, mis à jour le 27.09.2013 à 10 h 48

Le haut commissaire à la jeunesse, à peine rentré, a décidé de s'attaquer aux difficultés sociales qui affectent les jeunes de 18 à 25 ans sans emploi. Et ce n'est pas pour plaire à la majorité UMP, explique le Figaro. Sarkozy veut jouer l'ouverture et faire un geste en direction des jeunes, relativement oubliés du train des réformes présidentielles, en partie braqués par Hadopi, et particulièrement touchés par la crise. Soit, mais Martin Hirsch, qui parle de «relation utilitaire» avec le président, n'offrira pas de caution gratuite à Nicolas Sarkozy. Il a arraché le 28 septembre l'extension du RSA aux 18-25 ans, comme le président l'a annoncé le lendemain à Avignon. Le chef de l'État peaufine son image de rassembleur, au risque de froisser encore, après la taxe carbone, les membres de sa majorité.

Malgré un cadre strict qui limitera la mesure à nombre finalement réduit de jeunes, les membres de la majorité restent très réservés. Il faudra avoir travaillé deux ans complets au cours des trois dernières années. Le but du Haut Commissaire est d'éviter que les jeunes n'abandonnent leur scolarité pour percevoir les 455 euros du RSA de base. Cette modalité exclut également les étudiants qui travaillent pour payer leurs études. Le gouvernement estime que ceux qui en ont vraiment besoin peuvent se satisfaire du système des bourses. Enfin, la part déjà faible des jeunes éligibles au RSA ne percevra, pour la plupart, que sa portion «complémentaire» destinée à compléter les faibles revenus, après les deux ans d'allocations chômage auxquelles tout travailleur ayant cotisé à droit.

La crainte des députés UMP réside principalement dans une «RMIsation du RSA», a savoir son évolution vers une subvention existentielle, qu'ils qualifient d'assistanat déguisé. Si Jean François Copé a préféré attendre l'annonce détaillée de la mesure pour se prononcer, Xavier Bertrand a voulu calmer la grogne en assurant qu'il ne s'agit pas d'une mesure d'assistance puisqu'elle est conditionnée à deux ans de travail salarié. Malgré tout, les membres les plus libéraux de la majorité craignent une dérive à gauche, un an seulement après la mise en place de «la taxe RSA» sur les revenus du capital. Les députés UMP s'accordent sur le constat de l'entrée difficile des jeunes sur le marché du travail. Cependant, c'est un assouplissement des premiers contrats d'embauche, du type CPE, qui est préféré.

Alors que les chiffres du déficit record viennent de tomber, les députés de droite s'insurgent contre la mesure voulue par Martin Hirsch, également au nom du réalisme budgétaire. Pour le député Hervé Mariton, «le premier lieu de la solidarité pour les jeunes, c'est la famille». Autrement dit la charge de cette solidarité doit peser sur les foyers. La crainte d'un «mauvais message» est également soulignée: le RSA doit inciter au retour à l'emploi. L'étendre aux jeunes pourrait leur transmettre un message inverse. En outre, plusieurs membres de l'UMP s'interrogent sur le fait que le problème réside dans l'accès à l'emploi, ce que ne résoudra pas l'extension du RSA aux jeunes.

Cette mesure constitue l'étape la plus coûteuse de la politique de la jeunesse voulue par le gouvernement et mise en œuvre par Martin Hirsch. Les adversaires du haut commissaire connaissent son goût pour les essais, et sont nombreux à craindre qu'il veuille poursuivre sur la voie de l'autonomie financière des jeunes. Certaines de ces prochaines étapes commencent à être connues: la suppression des stages non liés à la formation, ainsi que la mise en place d'une plateforme d'orientation et d'information sur les débouchés. Il semble que la reconquête de la frange la plus jeune du corps électoral nécessite plus que ces mesures, évaluées à 500 millions d'euros, alors que 2,5 milliards ont été accordés à la restauration pour la baisse de la TVA, comme le rappellent les militants de Génération Précaire.

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Photo de Une: Nicolas Sarkozy, lors de son voyage au Brésil/agenciaBrasil.gov

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