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En 1977, il pose des questions filmées à son moi futur. En 2015, il y répond

Capture d'écran Youtube

Imaginez que vous puissiez remonter le temps et répondre aux questions que vous rêviez de poser, plus jeune, à votre moi futur. C'est ce que l'écrivain et artiste Peter Emshwiller a fait.

Et si l’on pouvait s’interviewer soi-même... dans le futur? C’est exactement ce qu’avait prévu Peter Emshwiller, écrivain, acteur, réalisateur de 56 ans, lorsqu’il avait 18 ans. En 1977, l’artiste multiforme était déjà doté d’une créativité débordante, et il a eu l’idée de se filmer soi-même en train de poser tout un tas de questions à son moi futur. Il a aussi filmé les réponses qu’il imaginait que son moi futur donnerait, comme l'a repéré Newser.

Nous ne voyons ici qu’un «teaser» de quatre minutes, car le film est en préparation, et Peter Emshwiller en appelle aux dons pour concrétiser son projet formé il y a près de quarante ans. Mais le résultat est fabuleux, nous plongeant dans une sorte d’hallucination temporelle, et produisant un effet de connivence magique entre les deux hommes, qui n’en forment qu’un seul.

Un air de Borges

Pour tous ceux qui ont tenu un journal intime, et rêvent de prendre une après-midi pour replonger dedans, cette vidéo est une promesse de bonheur. On peut déjà percevoir que le film sera certainement très drôle - «Oui, je suis vieux, je suis gros, et je sais qu’à tes yeux, je suis inférieur!» - et touchant. Comme lorsque le jeune Peter demande au plus âgé des nouvelles de sa famille, et que celui-ci lui répond simplement, bouleversé: «Tu devrais passer plus de temps avec ton père».

On ne peut s’empêcher de penser à la nouvelle L’Autre, de Jorges Luis Borges, dans le Livre de sable, où l'écrivain argentin de 1964 tombe, en se promenant dans un parc, sur lui-même, mais en 1914. «Je peux te prouver que je ne mens pas. Je vais te dire des choses qu’un inconnu ne pourrait pas savoir», lui dit-il. Le jeune, très surpris, n’en croit pas ses yeux. Et est émerveillé, quand le vieux lui rappelle cette citation de Victor Hugo qu’il aimait tant: 

«L’hydre-univers tordant son corps écaillé d’astres.»

 

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