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Il ne faut pas sauver Volkswagen

La prise électrique d'une Chevrolet, en 2009. REUTERS/Mark Blinch

La prise électrique d'une Chevrolet, en 2009. REUTERS/Mark Blinch

Faut-il injecter des milliards dans un plan de sauvetage de Volkswagen ou investir dans le but de concevoir et produire une voiture électrique?

Le scandale qui frappe Volkswagen a non seulement ruiné son image mais lui a déjà coûté 3,5 milliards d'euros de pertes au troisième trimestre 2015, selon les chiffres rendus publics fin octobre par l'entreprise allemande, comme le rapportait dernièrement le quotidien Die Welt. Et d'après les estimations d'experts américains que rapportait récemment la chaîne de télévision publique allemande ARD, les nombreuses plaintes déposées contre le constructeur automobile pourraient lui coûter en tout plus de 70 milliards d'euros.

Pour le journaliste économique allemand Wolfgang Münchau, collaborateur du quotidien économique Financial Times et cofondateur du feu Financial Times Deutschland, il ne fait aucun doute que l'entreprise ne pourra s'en sortir sans une aide de l'Allemagne. Mais il se prononce catégoriquement contre un plan de sauvetage de Volkswagen:

«La plupart des crises se déroulent de la même façon, selon un modèle semblable à celui des tragédies classiques. Il y a d'abord une impulsion initiale qui est suivie d'une réaction en chaîne. […] Ce qui fait du cas Volkswagen une tragédie, ce n'est pas le scandale au sujet du logiciel mais la tentative de minimiser et dissimuler les faits, et probablement au dernier moment la tentative de l'État de sauver Volkswagen d'une manière ou d'une autre.»

Wolfgang Münchau estime qu'après être venu au secours des banques, le gouvernement allemand ne peut se permettre d'aller au chevet de Volkswagen, mais devrait saisir cette occasion pour investir dans les technologies d'avenir:

«Si Volkswagen est en faillite, le gouvernement devrait alors fonder une entreprise publique, dans le but de concevoir et de produire une voiture électrique. […] Plutôt que de verser des centaines de milliards d'euros pour le sauvetage de Volkswagen, l'État pourrait soutenir, avec un investissement qui ne dépasserait pas quelques dizaines de milliards d'euros, une technologie à laquelle nous ne pouvons tourner le dos. Et il y aurait suffisamment de travailleurs qualifiés à disposition pour réaliser ce projet: le grand nombre d'employés de Volkswagen qui n'ont rien à avoir avec cette escroquerie.»

Selon le journaliste, un tel investissement serait sans doute «le plus rentable que l'Allemagne a déjà fait» et la placerait dans une situation de monopole sur le marché des véhicules électriques, étant donné que «l'industrie automobile allemande a rejeté cette technologie pour de basses motivations» et ne l'empêcherait pas «à l'avenir de re-privatiser cette entreprise créée grâce à des investissements publics et à l'introduire en Bourse.»

 

 

 

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