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Un couple de gays américains devenus père et fils adoptifs tente de se marier

Ce couple pose pour fêter la décision de la Cour suprême autorisant les couples de même sexe à se marier, le 26 juin 2015 à West Hollywood (Californie) | REUTERS/Lucy Nicholson

Ce couple pose pour fêter la décision de la Cour suprême autorisant les couples de même sexe à se marier, le 26 juin 2015 à West Hollywood (Californie) | REUTERS/Lucy Nicholson

Avant que le mariage entre personnes de même sexe soit autorisé outre-Atlantique, les couples homosexuels utilisaient l’adoption, seul moyen pour eux d’obtenir des droits.

Avant la légalisation du mariage homosexuel aux États-Unis, de nombreux couples avaient une autre façon de faire reconnaître leur union de manière légale et d’obtenir des droits patrimoniaux: un des partenaires adoptait l’autre.

La pratique pouvait être un peu compliquée, notamment lorsque les parents biologiques étaient toujours vivants, mais cela permettait à ces couples d’avoir des droits en matière d’héritage, de visites hospitalières ou encore de décisions médicales.

Mais, maintenant que le mariage homosexuel est légal sur tout le territoire américain, certains de ces couples qui s’étaient adoptés veulent annuler l’adoption et se marier. Selon les États, et selon les juges, ce n’est pas toujours facile.

Situations d’inceste

Le Washington Post raconte le cas de Nino Esposito et Drew Bosee, ensemble depuis quarante-cinq ans, et qui sont légalement devenus père et fils en 2012 en Pennsylvanie. Cet été, un juge a refusé la dissolution de leur adoption, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas se marier. Le couple a décidé d’entamer un procès, prévu pour le mois prochain.

L’organisation de défense des droits civiques ACLU expliquait à CNN, que, bien qu’il n’y ait pas de chiffres sur la question, de nombreux autres couples se sont retrouvés dans des situations similaires. Certains juges ont annulé les adoptions rapidement mais ce n’est pas toujours le cas.

Un sénateur de Pennsylvanie, qui soutient le couple, a envoyé une lettre au ministère de la Justice demandant à que ces situations soient clarifiées: 

«Les couples LGBT devraient avoir le droit d’obtenir des licences de mariage quel que soit leur État ou juridiction de résidence, a écrit Robert P. Casey. Dans des cas comme celui-là, la loi a changé radicalement depuis que ces adoptions ont été mises en place.»

Dans The Atlantic, la journaliste Koa Beck écrivait que, pendant des années, des couples que la société considérait en grande majorité comme déviants étaient donc poussés dans une sorte d’inceste légal, ce qui les rendait encore plus déviants aux yeux du monde:

«C’est ironique que tant de gouvernements aient historiquement incité des couples queer dans des situations d’inceste plutôt que des unions légales.»

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