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La surréaliste conférence de presse de Didier Deschamps après l'affaire Valbuena-Benzema

C’est à une conférence de presse totalement surréaliste qu’ont assisté les suiveurs de l’équipe de France, jeudi 5 novembre, quelques heures à peine après l’annonce de la mise en examen de Karim Benzema dans le cadre de l’affaire de chantage présumé touchant son coéquipier chez les Bleus, Mathieu Valbuena.

En préambule, le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, livre sa liste, puis prévient qu’il ne s’exprimera pas sur l’affaire: «Je ne vais pas rentrer dans des supputations avec des si et le conditionnel», lâche-t-il, avec au passage une petite pique pour les journalistes présents devant lui et les fuites dans la presse qui ont émaillé l’affaire –«je ne connais pas le dossier, contrairement à la majorité ou à la totalité d’entre vous».


Bien entendu, cela ne s’est pas passé comme ça. Dès la première question, un journaliste d’i-Télé interroge l’ancien capitaine des champions du monde 1998 sur les «conséquences sportives de l’affaire», avant d’être repris de volée par le chef de presse de la FFF, Philippe Tournon, qui donne la parole à un autre journaliste.


Celui-ci, Grégory Nowak de Canal+, pose une question similaire, avant de se voir également privé de parole.


Même processus avec la troisième question, posée par L’Equipe 21.


Puis pour la quatrième, avec RTL, qui interroge le sélectionneur sur la confiance accordée dans le passé aux joueurs mis en examen dans le cadre de l’affaire Zahia. Le chef de presse de la Fédération réclame alors, on le cite, «une vraie question»...


Didier Deschamps a ensuite eu droit à quelques questions purement footballistiques, interrompues par une ou deux questions directes sur l’affaire, qui ont conduit le service de presse de la FFF à de nouvelles «privations» de parole. Il a par exemple été interrogé sur le retour en équipe de France de Hatem Ben Arfa, l’arrivée dans le groupe du jeune Kingsley Coman ou la nouvelle convocation de Lassana Diarra, mais on admirera l’ingéniosité des journalistes présents, qui ont rivalisé de formules détournées:

  • «Sans Benzema et Valbuena, l’équipe de France est-elle grandement affaiblie?» (BFM TV/RMC)
  • Y aura-t-il un délai suffisant d’acclimatation en vue de l’Euro pour «ceux qui reviennent, au cas où il y aurait des places qui se libéreraient devant?» (i-Télé)
  • «Est-ce que l’ambiance autour de l’équipe de France en vue de l’Euro, ça t’inquiète?» (France Télévisions)
  • «Vous établissez votre sélection uniquement sur des critères sportifs ou parfois aussi sur des critères extra-sportifs? Très généralement hein, pas que sur l’affaire qui nous préoccupe...»

Des questions auxquelles ils ont obtenu des réponses bien sûr taillées dans la plus belle langue de bois (et un refus net de réponse sur la dernière, demandant si Benzema et Valbuena allaient revenir chez les Bleus) et le plus grand sérieux. Y compris quand Le Petit Journal s’est livré à une tentative, bien hasardeuse, d’humour:

«Il y a un sujet qui va être au cœur du rassemblement avec vos joueurs, c’est la vidéo. Est-ce que vous allez organiser des séances vidéo avec vos joueurs?»

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