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Thomas Blatt, évadé du camp de Sobibor rattrapé par la mort

Thomas Blatt en 2013 à Sobibor pour les 70 ans de la révolte | Anton Kurt via Flickr CC License by

Thomas Blatt en 2013 à Sobibor pour les 70 ans de la révolte | Anton Kurt via Flickr CC License by

Il était un des rares rescapés de la révolte qui, le 14 octobre 1943, a surpris les SS qui gardaient le camp d'extermination.

Initialement, une occurrence de cet article mentionnait le camp de Sobibor comme «un camp polonais». Cet élément a été modifié et il est à présent question d'«un camp nazi situé dans l'actuelle Pologne».  

Ce week-end est mort, dans son domicile californien, un homme qui avait jusqu’ici réussi à tromper la mort: Thomas Blatt, 88 ans, survivant du camp de Sobibor. Non seulement, celui qui est né juif polonais en 1928 est parvenu à échapper aux SS et à leurs chambres à gaz mais il n’a pas été contraint d’attendre la fin de la guerre pour fausser compagnie aux nazis. Le 14 octobre 1943, il a fait partie de la révolte qui permit à 300 juifs de sortir du camp d’extermination. Mieux, avec 52 de ses compagnons d’audace, il a survécu à la guerre. Le Washington Post raconte cette histoire rocambolesque.

C’est à 15 ans que Thomas Blatt s’engage dans cette bataille pour la dignité. En tentant de se révolter, il ne croit pas une seconde à ses chances de survie. «Nous espérions simplement détruire le camps et mourir fauchés par les balles plutôt que par le gaz.» Ce soir-là, les déportés ne disposent que de couteaux rudimentaires et de haches (obtenus via le Kommando chargé de couper du bois en forêt).

Le manteau chez le tailleur

Mais comment enclencher un combat frontalement contre des SS mieux armés et mieux nourris? Pour se donner davantage de chances, les mutins utilisent un stratagème pour affaiblir discrètement la défense du camp. Thomas Blatt va trouver les officiers en faction un à un et les informe qu’un manteau neuf les attend chez le tailleur. Dans le baraquement du tailleur, une dizaine de nazis est ainsi éliminée.

Malheureusement, les révoltés sont découverts trop tôt et ils jouent leur va-tout en tentant de courir hors du camp en profitant de cet encadrement allégé. La plupart est tuée par les rafales de mitrailleuses et les champs de mines entourant le camp, d’autres sont bien vite repris. Thomas Blatt parvient à se cacher dans la forêt avant de gagner avec deux autres, une ferme polonaise dont ils soudoient le propriétaire pour rester cachés. Au bout de quelques mois, l’agriculteur prend peur et tente d’abattre ses encombrants locataires. Thomas Blatt est le seul à survivre, la mâchoire en vrac.

«Je ne suis jamais parti de Sobibor»

Au début des années 1950, il émigre en Israël avant de partir aux États-Unis. Là-bas, il fonde un foyer et trois magasins d’électronique. Mais rien n’y fait: «Je ne suis jamais parti de Sobibor, c’est toujours mon point de référence», dit-il en 2010. Il est d’ailleurs fréquemment retourné sur les lieux durant son existence.

Ce n’est bien sûr pas la première fois qu’on relate la grande évasion de Sobibor. En 2001, Claude Lanzmann réalise le documentaire Sobibor, 14 octobre, 16 heures, grâce à un entretien avec Yehuda Lerner, un autre rescapé de ce camp nazi situé dans l'actuelle Pologne.

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