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«Ces jours-ci, la France est un pays qui pense avant tout à lui-même»

Capture d'écran du New York Times

Capture d'écran du New York Times

La journaliste du New York Times devenue célèbre pour son livre sur l'éducation à la française raconte sa désillusion sur l'accueil fait aux réfugiés.

Aux États-Unis, la journaliste Pamela Druckerman est devenue célèbre grâce à son livre sur la supériorité de l'éducation à la française. Son best-seller, Bringing Up Bébé, révélait aux masses américaines les secrets d'un «parenting» français moins masochiste et moins consumériste que celui pratiqué outre-atlantique.

Mais après douze ans en tant qu'expatriée dans l'hexagone, Druckerman commence un peu à déchanter. Les maternelles publiques et l'assurance maladie sont super, mais elle est nettement moins enchantée par la réticence du gouvernement et de l'opinion publique à accueillir les réfugiés syriens. 

«Un pays ordinaire»

Dans le New York Times, son éditorial sur sa déception est intitulé «France, paradis perdu» (France Paradise Lost), et sa conclusion est à la fois cinglante et peu surprenante: 

«Dans l'état actuel, la France ne peut plus se targuer d'avoir un message universel. Ces jours-ci, ce n'est qu'un pays ordinaire et plein de défauts, un pays qui pense surtout à soi-même.»

Avec ces quelques mots, elle s'inscrit dans une longue tradition anglo-saxonne d'articles sur le déclin et la morosité française, que ce soit en termes de culture (le fameux article du Time qui évoquait la «mort de la culture française» ), de leadership, ou de vitalité économique (voir le bingo de Slate.fr sur le sujet). 

François Hollande en ligne de mire

Dans son éditorial Pamela Druckerman commence par rappeler ce qu'elle aime en France: «les rappeurs qui citent Rousseau», «la philosophie comme matière obligatoire au lycée», ou encore sa fromagère d'origine marocaine mariée à un Serbe.

Mais elle regrette le fait que François Hollande parle d'accueillir 24.000 réfugiés alors que l'Allemagne projette d'en accueillir 800.000, et cite un sondage de septembre selon lequel la majorité des Français sont opposés à l'accueil des réfugiés.

«La stratégie française est apparemment d'être si peu accueillant que la plupart des migrants ne voudront pas rester», écrit-elle.

Elle n'est pas non plus très impressionnée par les intellectuels médiatiques français:

«Qu'est-il arrivé à la nation qui pensait pour le monde? Les intellectuels connus ont viré à droite ou se sont prononcés contre l'aide aux réfugiés. Sartre était une star globale. Les penseurs d'aujourd'hui sont connus seulement en France, et ils passent dans des émissions de télé en même temps que des actrices.»

 

 

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