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L’État islamique a décapité deux journalistes syriens exilés en Turquie

Sang | Johanne et Carole Brunet via Flickr CC License by

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En Turquie, Ibrahim Abdel Kader et Fares Hammadi, originaires de Raqqa, en Syrie, continuaient à dénoncer les exactions de Daech.

Il n’y a pas loin en voiture de Raqqa en Syrie à Sanliurfa, ville située au sud-est de la Turquie. Il suffit de pousser un peu vers le nord. Ibrahim Abdel Kader et Fares Hammadi avaient fait ce trajet il y a plus d’un an déjà car, membres d’un groupe de journalistes résistant aux actions du groupe État islamique, ils étaient persécutés dans leur ville d’origine, devenue la capitale officieuse de Daech. Malheureusement, ça n’a pas empêché les terroristes salafistes de les rattraper puis de les tuer, annonçait The Telegraph le 30 octobre. Les corps ont été retrouvés lacérés de coups de couteau et décapités.

Plus tard, le califat autoproclamé a revendiqué le double meurtre, reprochant aux deux jeunes hommes (Ibrahim Abdel Kader était âgé de 22 ans et Fares Hammadi de 20 ans) d’avoir «conspiré avec les croisés».

Le faux déserteur

NBC News a retracé, grâce au témoignage d’Ahmed, le frère d’Ibrahim, les événements qui ont permis aux intégristes d’abattre leurs opposants. Il y a un mois et demi, un certain Tlas Surur, qu’ils avaient tous deux connu à Raqqa, emménage à Sanliurfa. Il vient les trouver et les assure qu’il a déserté les rangs de l’armée de l’État islamique et veut les aider. Il est accueilli à bras ouvert et Ibrahim Abdel Kader passe même souvent le voir dans son appartement.

La police turque a déclaré avoir trouvé des preuves de l’implication de Surur (qui a disparu après les faits) dans le meurtre. Il a certainement bénéficié de complicités. Le site de la chaîne américaine ajoute un détail à l’affaire. Alors qu’Ahmed, frère d’une des victimes, s’entretient avec les journalistes, il reçoit plusieurs messages sur son portable dont l’un dit la chose suivante: «Nous avons tué ton frère pour te briser le cœur, on viendra te trouver avec un autre couteau.»

Le groupe «Raqqa is Being Slaughtered Silently» (RBSS), dont faisaient partie les victimes, n’hésite pas à relayer dans les médias des vidéos tournées à Raqqa pour montrer la réalité quotidienne sous la domination de l’EI et lutter contre la propagande de celui-ci. Le groupe dénonce également les exactions de Bachar el-Assad, sans oublier de signaler les dommages collatéraux de certaines frappes américaines. RBSS a reçu cette année le prix de la liberté de la presse.

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