L’Indonésie et ses orangs-outans brûlent dans la plus totale indifférence

Une femelle orang-outant est évacuée par une ONG près de Sampit, en Indonésie, le 28 octobre 2015 | REUTERS/Norjani/Antara Foto

Une femelle orang-outant est évacuée par une ONG près de Sampit, en Indonésie, le 28 octobre 2015 | REUTERS/Norjani/Antara Foto

Le pays fait face à une catastrophe écologique sans précédent qui affecte autant les populations que l’écosystème.

Depuis le mois de juillet, on recense déjà plusieurs dizaines de morts. La faute à un feu incontrôlable qui ravage l’Indonésie, sa population, ses cultures mais aussi ses espèces, rapporte le Guardian. Ce feu est le résultat de deux phénomènes cumulés. Le premier est la technique de la culture sur brûlis. Cette technique est empruntée par des entreprises et des particuliers pour la culture de l’huile de palme et consiste à mettre le feu au sol pour fertiliser et défricher les zones tropicales du pays. Le feu est censé s’estomper de lui-même courant novembre, avec l’arrivée de la mousson, mais, cette année, le phénomène climatique El Niño, un courant marin chaud, a été particulièrement important et à l’origine de sécheresse, alimentant ainsi le feu.

Les incendies font rage dans la quasi-totalité du pays et empêchent souvent de voir à plus de trente mètres devant soi. Pour donner un ordre de grandeur, sur les trois dernières semaines, le feu a plus dégagé de CO2 que toute l’Allemagne en un an.

Espèces menacées d’extinction

Des provinces entières sont réduites en cendres et plusieurs espèces endémiques sont menacées d’extinction. En 1997, un incendie semblable avait tué plus de 10.000 enfants des suites de complications respiratoires. Cette fois, d’après le Guardian, le bilan pourrait être pire. Les députés du parlement de Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo) ont même dû porter des masques en séance à cause de la fumée. Le trafic aérien de la Thaïlande et de la Malaisie ont également été perturbés.

Des espèces d’animaux rares tels que les panthères nébuleuses, les ours malais, les tigres de Sumatra mais aussi les orangs-outans sont plus que menacées par les feux: en plus de perdre leurs habitats naturels, ils sont aussi asphyxiés par les fumées. Reste à espérer qu’à la COP21 de décembre l’Indonésie et ses feux de forêt, qui émettent énormément de gaz à effet de serre, auront une place importante dans les débats.

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