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Écouter de la musique triste n’est pas toujours bon pour la santé mentale

À faire pleurer dans les chaumières | Run Mizumushi-Kun via Flickr CC License by

À faire pleurer dans les chaumières | Run Mizumushi-Kun via Flickr CC License by

Vouloir réguler son humeur par des notes de musique n’est pas toujours du meilleur effet.

La musicothérapie, soit le fait d’utiliser la musique pour aider à traiter des souffrances psychologiques, est désormais une discipline reconnue, particulièrement aux États-Unis et en Angleterre. Mais savoir utiliser la force de la musique pour améliorer son état mental n’est pas toujours évident. Selon un article publié dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, les personnes qui écoutent fréquemment de la musique triste ou agressive sont plus anxieuses et névrosées.

«Ce style d’écoute permet d’exprimer des sentiments négatifs mais n’améliore pas nécessairement l’humeur», explique Suvi Saarikallio, une des co-auteures de l’étude.

Ces chercheuses en neurologie et musicothérapie ont demandé à 123 participants de décrire leurs stratégies de régulation de l’humeur par la musique. Selon The Atlantic, trois types de stratégies ont été identifiées: la diversion, le réconfort et l’évacuation de la colère et de la tristesse par la musique.

Rumination musicale

Les sujets de l’étude ont ensuite passé des IRM du cerveau alors qu’ils écoutaient divers types de musique, et il s’est avéré que les hommes qui utilisaient la stratégie d’évacuation de la colère et de la tristesse avaient moins d’activité dans le cortex préfontal médian, une partie du cerveau associée à la régulation des humeurs. (Cette corrélation ne se retrouvait pas chez les femmes.)

«Certaines façons de gérer les émotions négatives, comme la rumination, soit le fait de penser continuellement à des choses négatives, sont liées à une mauvaise santé mentale, explique Emily Clarkson, une des auteures de l’étude. Nous voulions savoir si certaines façons d’écouter de la musique pouvaient être liées à des effets négatifs similaires.»

Il semblerait que ce soit le cas. Comme le résume Elvira Brattico, une des autres auteures, les résultats de l’étude montrent qu’il y a un lien entre style d’écoute musicale et activation du cortex préfontal médian, ce qui pourrait signifier que certains modes d’écoute musicales ont des effets à long terme sur le cerveau.

Les auteures pensent que cette étude pourrait être utilisée pour aider les musicothérapeutes à recommander des musiques adaptées aux besoins de leurs patients. 

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