Allemagne / Monde

En Allemagne, les Syriens peuvent aussi compter sur les réfugiés déjà installés

Temps de lecture : 2 min

L’immense élan de solidarité envers les réfugiés syriens ne se limite pas uniquement aux Allemands.

Un migrant syrien portant une casquette aux couleurs de l’Allemagne dans le centre d’accueil temporaire de Schwarzenborn, en Allemagne, le 15 octobre 2015 | REUTERS/Kai Pfaffenbach
Un migrant syrien portant une casquette aux couleurs de l’Allemagne dans le centre d’accueil temporaire de Schwarzenborn, en Allemagne, le 15 octobre 2015 | REUTERS/Kai Pfaffenbach

Depuis quelques mois, pas un jour ne passe en Allemagne sans que la presse n’évoque une des innombrables initiatives qui voient le jour au sein de la société allemande pour venir en aide aux réfugiés qui arrivent dans le pays. Mais cet immense élan de solidarité ne se limite pas uniquement aux Allemands. Le quotidien Berliner Zeitung rapporte l’exemple de l’association berlinoise Salam –mot qui signifie «paix» en arabe–, qui a été fondée au printemps 2015 par trois Syriens vivant en Allemagne, dont l’un d’eux a fui la guerre civile qui frappe la Syrie depuis 2011. Enseignant et journaliste de métier, Houssam Aldeen est arrivé en Allemagne en 2013 à l’âge de 34 ans et a connu les mêmes galères que les réfugiés syriens qui arrivent aujourd’hui:

«Je suis moi-même réfugié et connais bien les problèmes que rencontrent ici les nouveaux arrivants. C’est plus facile pour moi de les aider.»

Y compris à cause de la barrière de la langue:

«Tous ces documents qu’ils doivent remplir! Quand on ne parle pas la langue, on ne peut pas y arriver tout seul. Si on les aide pas, ils sont perdus.»

En avril 2015, l’autre grand quotidien local berlinois, Der Tagesspiegel, lui consacrait un article retraçant son parcours. Après s’être battu pendant des mois avec l’administration allemande pour que sa demande de regroupement familial soit acceptée et pouvoir faire ainsi venir ses parents, sa sœur et son frère de manière légale en Allemagne, il a dû se résoudre, la peur au ventre, à les laisser embarquer depuis le Liban sur un bateau conçu pour accueillir soixante-dix personnes à son bord mais sur lequel s’entassèrent dix fois plus de candidats au départ. Au bout de quelques heures de navigation, l’embarcation a heureusement été repérée par les garde-côtes italiens, qui ont évacué les passagers et les ont amenés en Sicile. Interviewé par le quotidien, il critiquait la politique d’asile européenne:

«Elle oblige les gens à risquer leur vie pour survivre.»

«Petit bout de pays natal»

L’association Salam continue aujourd’hui plus de 140 membres, tous bénévoles. Entre vingt et cinquante réfugiés défilent chaque jour dans les locaux de l’association ouverte dans le quartier populaire de Wedding, au nord de Berlin. Jusque-là, l’association s’est surtout fait connaître par le bouche-à-oreille:

«Le fait que tant de Syriens aient recours à cette offre est lié au grand cercle de connaissances dont disposent encore en Syrie Houssam Aldeen et ses collaborateurs. Beaucoup de Syriens entendent déjà parler de l’association avant d’arriver à Berlin.»

Ses salles encadrées de longs canapés orientaux garnis de coussins sont «un petit bout de pays natal à l’étranger», écrit le Berliner Zeitung. En plus d’offrir des repères et un réseau sur place aux nouveaux arrivants, l’association Salam s’est donnée pour but d’aider les réfugiés à découvrir le culture allemande. Elle propose des cours d’allemand et organise des soirées de lecture de poésie arabe et allemande, comme l’explique Ibrahim Alsayed, 38 ans, un des autres fondateurs:

«Nous, les personnes d’origine étrangère, nous vivons depuis longtemps déjà en Allemagne et connaissons bien le pays. Nous pouvons donc être une passerelle entre les cultures.»

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