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Face à la montée du FN, les scénarios les plus fous circulent

Marine Le Pen lors de l'université d'été du FN à Fréjus, le 7 septembre 2014. REUTERS/Eric Gaillard.

Marine Le Pen lors de l'université d'été du FN à Fréjus, le 7 septembre 2014. REUTERS/Eric Gaillard.

À l'approche des élections régionales de décembre, de nouvelles pistes de réflexion émergent pour sortir de la crise politique actuelle.

La montée du Front national inquiète les rangs socialistes. À tel point que les têtes pensantes du navire se mettent à échaffauder des scénarios inédits en cas de victoire du parti d’extrême droite aux élections régionales voire à la présidentielle de 2017. Petite revue de détails.

1.Dissoudre l'Assemblée nationalePour se «refaire une santé»

Elle est évoquée par le JDD: «François Hollande, devant la gravité de la situation, pourrait choisir de prendre les Français à témoin et dissoudre l’Assemblée nationale.» S’ensuivrait selon le journal une période de cohabitation Hollande-Sarkozy, «sur le modèle de celle entre Mitterrand et Chirac, de 1986 à 1988». Une scénario qui peut sembler farfelu, mais qui «circulerait» aujourd’hui dans le monde politique, selon l'hebdomadaire. L'idée a été portée entre autres par l'ex-ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, Hervé Morin, et l'écologiste Jean-Vincent Placé. 

Est-ce si incongru? Ici-même notre contributeur Eric Dupin faisait remarquer que l’appel aux urnes pourrait être «une porte de sortie pour un pouvoir discrédité», puisque les députés «savent que, de toutes manières, ils sont promis au tapis». «Les institutions européennes, les marchés financiers et les agences de notation n'y verraient rien à redire, tant la démarche du “pacte de responsabilité” s'en trouverait confortée», observait dans nos colonnes le politologue Jérôme Sainte-MarieLe JDD lui-même pointe que cela pourrait permettre à Hollande de se «refaire une santé» d’ici à 2017, puisque c'est désormais son rival qui serait jusqu'en 2017 au centre des critiques.

2.Former une coalition droite-gaucheLe scénario à l'allemande

C’est un des scénarios privilégiés par les réformateurs, le club de réflexion des «frondeurs de droite», comme les appelle le magazine Le Point (article repris ici sur le site du groupe), qui rapporte ces propos de Philippe Doucet, député du Val-d’Oise: 

«Ceux qui considèrent que la construction européenne doit redémarrer, que le modèle social français doit être préservé, mais adapté à la mondialisation, doivent désormais travailler ensemble. Il faudra associer François Bayrou et faire l’ouverture jusqu’aux juppéistes. Après tout, Édouard Philippe, l’un des bras droits de Juppé, était rocardien à Sciences Po.»  

Mais cette option calquée sur le modèle allemand, où les syndicats sont habitués à discuter avec le patronat et les partis à s’entendre, peut-elle marcher en France, où il n’existe pas une telle culture du compromis? «Pour l’heure, les deux tentatives d’ouverture –Mitterrand en 1988 et Sarkozy en 2007– n’ont pas marché», remarque Édouard Philippe, député LR, dans le même magazine. «On ne voit guère le PS et l’UMP gouverner ensemble ainsi que le font paisiblement la CDU et le SPD en Allemagne», remarquait Eric Dupin.

3.Gouverner depuis Matignon en mai 2017Théoriquement possible

Si aucune des stratégies précédentes ne suffit à éviter l’élection de Marine Le Pen, il resterait enfin un dernier recours, envisagé par  le député de l’Essonne Malek Boutih, toujours dans le Point

«Si Manuel Valls est alors Premier ministre, il n’est pas obligé de démissionner. Rien dans la Constitution ne le lui impose. Il ne s’agit que d’un usage républicain. Dans ce cas, Valls à Matignon sera le dernier rempart de la République. Il aura un mois, entre la présidentielle et les législatives, pour refonder la vie politique.» 

Un scénario qui serait tout à fait inédit. Mais suffisant?

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