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Crash du Sinaï: l'hypothèse de l'attentat à la bombe

Les débris du crash de l'appareil de Metrojet dans le Sinaï. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany.

Les débris du crash de l'appareil de Metrojet dans le Sinaï. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany.

Si peu d’éléments concrets viennent étayer la piste du tir de missile djihadiste, les experts n'écartent pas l'idée d'une bombe à bord.

Le crash dans le Sinaï d'un A321 de la compagnie russe Metrojet, qui a coûté la vie à 224 personnes samedi 31 octobre, a-t-il été provoqué par une antenne locale de l'Etat islamique? Si l'organisation terroriste a revendiqué l'acte, il faudra probablement attendre l'expertise des boîtes noires pour le savoir, mais plusieurs experts n'écartent pas cette possibilité.

Sur son compte Twitter, le journaliste David Thomson, spécialiste de l'EI, donne plusieurs raisons de croire à son implication:

Le journaliste Nicolas Hénin, qui avait émis quelques doutes sur l'implication de Daech, a aussi estimé que cette hypothèse était envisageable.

The Independent rapporte par ailleurs qu'une vidéo –que de nombreux internautes considèrent comme fausse– a été mise en ligne et partagée par de nombreux soutiens du groupe terroriste «soutenant qu'on y voit l'avion exploser et tomber au milieu d'un nuage de fumée».

Le ministre russe des Transports, Maxim Sokolov, a indiqué à l'agence de presse russe Interfax que de les annonces de Daech «ne peuvent être considérées comme fiables». Mais le magazine Time rappelle par ailleurs que le Kremlin n'a aucun intérêt à le faire:

«Cela risquerait de créer un dangereux lien entre la campagne aérienne russe en Syrie et la mort de plus de 200 civils russes. Et s'il propageait cette version, le Kremlin pourrait se retrouver tenu pour responsable d'avoir incité une attaque des terroristes.»

Dans un premier temps, l'hypothèse privilégiée par les tenants de la piste terroriste était celle d'un tir de missile, comme cela fut le cas pour le vol MH17 en Ukraine. La presse a rapporté à plusieurs reprises que les militants djihadistes du Nord-Sinaï s’étaient procuré des lance-missiles anti-aériens portatifs, sauf que ce type de missiles ne peut toucher que des avions ou hélicoptères volant à basse altitude. Or, l’A321 se trouvait à 10.000 mètres d’altitude: pour l’atteindre, il aurait fallu un missile bien plus puissant que ceux tirés à l’épaule dont disposerait le groupe armé. Le spécialiste du terrorisme Charlie Winter a résumé la situation sur Twitter:

«L’avion s’est crashé alors qu’il volait à 31.000 pieds. Daech a des MANPADS [systèmes portatifs de défense aérienne] mais leur portée est de 15.000 pieds.»

Une autre hypothèse, avancée notamment par le Telegraph, est celle d'une bombe à bord:

«Trois experts militaires affirment que l'Etat islamique dans le Sinaï ne dispose pas de missiles sol-air capables d'abattre un avion à haute altitude. Mais ils ne peuvent pas exclure la possibilité d'une bombe à bord où d'un missile sol-air tiré alors que l'avion effectuait une descente en vue d'un atterrissage d'urgence.»

L'hypothèse de la bombe pourrait se révéler cohérente avec l'annonce par les autorités russes du fait que l'avion s'est apparemment disloqué en vol. C'est d'ailleurs ce qu'explique à la BBC l'expert britannique Michael Clarke:

«Les premiers éléments indiquent que l'appareil s'est disloqué en deux et cela suggère la possibilité d'une catastrophe à bord, d'une possible explosion à l'intérieur, pas d'un problème mécanique.»

Selon un expert militaire cité par l'AFP, «s'agissant d'une bombe à bord, quelle que soit sa taille, si elle explose à une altitude de 10.000 mètres, l'avion se désintégrera complètement à cause de la pression».

Cet article a été mis à jour le dimanche 1er novembre avec de nouvelles informations.

 

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