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En Alaska, des «congélateurs» traditionnels sont en train de fondre

Dégel | Tirso Lecointere via Flickr CC License by

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Le réchauffement climatique pose des problèmes d'alimentation quotidienne et de traditions culinaires.

Des habitants de certains coins d’Alaska et de Russie utilisent encore une manière traditionnelle de stocker la nourriture: des caves abritant les aliments, bien au frais dans le pergélisolMais ces «congélateurs souterrains» sont en train de fondre, causant de nombreux problèmes alimentaires, raconte un reportage à Barrow, en Alaska, à lire sur le site de National Geographic.

Pour les Iñupiat, maintenir ces caves glacées a toujours été un énorme travail, notamment pour les chasseurs de baleine (chasse autorisée pour ces populations mais très réglementée), qui ramènent de gros volumes de viande. Situées entre 3 et 3,6 mètres sous terre, et souvent partagées entre plusieurs familles, elles servent à stocker les produits de la pêche et de la chasse pour les périodes de vache maigre.

Le réchauffement climatique a rendu bon nombre de ces congélateurs naturels inutilisables. En plus des températures plus chaudes, l’érosion côtière et des perturbations géologiques exacerbent ce phénomène. L’eau s’infiltre ou les températures ne sont plus assez froides dans les caves.

Plats industriels

National Geographic explique que les habitants s’adaptent, au détriment des aliments traditionnels:

«Le magasin principal de Barrow, l’AC Value Center, propose des plats livrés par avion pour les habitants qui viennent à manquer de viande et de poisson. Mais la plupart de ces aliments transformés ne sont pas aussi bons pour la santé que les aliments traditionnels, qui sont riches en protéines, minéraux, acides gras et autres nutriments.»

Une habitante précise que ces plats industriels sont en outre bien trop chers pour les plus défavorisés. Et qu’il faudra en tous cas de nombreux «congélateurs-bahuts» pour stocker toute la viande de baleine dans les cuisines. Beaucoup d’habitants de Barrow ont déjà de tels équipements... Mais dans cette économie de subsistance (les baleines chassées chaque printemps fournissent des tonnes de viande consommées toute l’année pour nourrir les habitants), il faut de gros volumes de stockage, d’où l’utilité des caves en plus. 

«Progrès économique ou perte culturelle?» s’interroge alors National Geographic. Progrès économique et de confort certainement, et les congélateurs peuvent désormais arriver par cargo. Mais, pour Gordon Brower, un administrateur du territoire et chasseur, cela a un prix «culturel et culinaire». Il a plusieurs congélateurs-bahuts dans sa cuisine, mais il préfère largement la viande congelée dans une cave:

«La cave permet une maturation lente de la viande, que vous ne pouvez pas obtenir dans un congélateur. […] C’est un goût différent, et une brèche dans notre patrimoine.»

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