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Ces destinations touristiques clichés qui aimeraient bien changer de refrain

Tellement cliché | Louis Bavent via Flickr CC License by

Tellement cliché | Louis Bavent via Flickr CC License by

Vous en avez marre d’être un cliché ambulant? Ces villes aussi.

Pour trouver des aliments bio, vous allez chez Bio c’ Bon. Jusque-là, logique. Et si on vous disait que maintenant, pour manger «organic», il suffisait d’aller se faire un bon McDo? En Allemagne, la chaîne de fast-food a décidé de casser son image en annonçant le lancement de son premier hamburger bio. Le roi du gras qui se met au vert? Ça ressemble à un gros coup de com’ (surtout que seule la viande sera bio) mais c’est quand même un coup de canif au cliché du géant de la malbouffe. Un revirement pas si difficile à admettre quand on sait que Rihanna a arrêté l’EDM trash pour chanter une bonne chanson avec Paul McCartney ou que Pete Doherty a lâché les bas-fonds londoniens pour venir se ressourcer à Melun, dans le 77. Bref, tout part à YOLO et, s’il y a bien une chose que nous a appris le départ forcé de Claire Chazal après vingt-quatre ans d’antenne, c’est que dans la vie, à part Beyoncé, rien n’est éternel. Alors, quitte à perdre tous vos repères, Stylist vous donne des raisons d’aller (re)visiter six destinations qui ont décidé de casser leurs propres clichés.

1.NashvilleDe la country à la mode

La country est à la capitale du Tennessee ce que Nadine Morano est à la droite décomplexée: une icône. Difficile donc de passer à côté si vous y mettez les pieds. Entre passé esclavagiste, bottes à franges et rétablissement de la peine de mort, en 1976, Nashville ne fait pas vraiment rêver. Désolé Johnny, on n’a pas tous en nous quelque chose de Tennessee.

La nouvelle donne: Nashville est en train de devenir un spot incontournable de la mode aux US. La NFA (Nashville Fashion Alliance), créée début 2015 avec l’aide de la top model Karen Elson, a mis en avant la scène émergente de jeunes créateurs locaux (Imogene + Willie, Josi Faye, Isabel Simpson-Kirsch). Début septembre, c’est la Tennessee Sewing Training Academy, école de mode et de couture, qui a ouvert ses portes. Que ce soit le WWD, le Vogue ou le i-D, tous les mags de mode en sont certains: le futur de la mode US, c’est à Nashville. 

Nos adresses pour:

  • S’essayer au denim local: chez Imogene + Willie (2601 Twelfth Avenue South, Nashville), marque de jean iconique made in USA située dans le très cool quartier du Twelfth South District.
  • S’habiller sur les conseils d’Abby Franklin, styliste qui a bossé pour Madonna, Prince et Katy Perry: dans sa boutique The Trunk (1006 Fatherland Street #202, Nashville) et dans son fashion-truck.
  • Trouver le bon accessoire chez Emil Erwin (904 Buchanan St, Nashville), marque de maroquinerie aussi vendue chez Barney’s à New York et qui a déjà collaboré avec J.Crew.

2.Les îles FéroéDe trou paumé à hot spot gastronomique

Pendant longtemps, vous pensiez qu’on disait «les îles far away» parce que vous les situiez… loin (en même temps, vous pensiez aussi que Gloria Estefan était deux personnes distinctes et que The Weeknd était le nouveau nom de la carte de réduction SNCF). On ne vous jette pas la pierre. Ces îles danoises, perdues au milieu de l’Atlantique Nord, n’évoquent qu’un trou paumé au climat subarctique où vivent moins de 50.000 habitants. Seul événement marquant de l’archipel: le massacre annuel des baleines-pilotes. Sympa.

La nouvelle donne: les Îles Féroé sont le nouveau hot spot gastronomique du moment. À Torshavn, la capitale, les ouvertures de restos haut de gamme se multiplient. Une petite révolution culinaire, menée par le chef Leif Sorensen et son «New Nordic Kitchen Manifesto». Son but? Faire (re)découvrir une cuisine insulaire élaborée, savoureuse et jusqu’ici sous-estimée.

Nos adresses pour:

  • Revisiter la tradition chez Koks (Oyggjarvegur 45, 100 Tórshavn), élu meilleur restaurant des pays nordiques en 2014, avec des plats aux matières premières de l’île: agneau, poisson et autres produits salés, fumés et fermentés. 
  • Goûter un plat d’exception chez Aarstova (Gongin 1, 100 Tórshavn). Ce restaurant sert seulement quelques jours par an la très rare morue des Îles Féroé, espèce protégée et interdite de pêche commerciale.
  • Se faire un vrai sushi chez Etika (Áarvegur 3, 100 Tórshavn), considéré comme l’un des meilleurs restos de sushi au monde (fraîcheur de la mer oblige). La soupe miso s’agrémente de saumon, carottes, courgettes et ciboules.

3.Los AngelesDes bouchons au bike-sharing

Vous entendez L.A., vous pensez Kardashian, palmiers, cinéma et gluten free mais vous savez que c’est plutôt autoroutes, bagnoles et embouteillages avec double ration de bitume. Los Angeles est la ville la plus étendue au monde (cent kilomètres de long) avec un système de transports en commun quasi inexistant. Et les piétons qui traversent hors des clous (faute de passages cloutés) se prennent des amendes. Comme dirait Rihanna: «Shut up and drive!» 

La nouvelle donne: soûlés que leur ville donne l’impression d’un périph sans fin, les Angelinos et leurs assos ont fait pression sur la municipalité, qui vient d’adopter début septembre un plan de restructuration urbaine sur vingt ans afin de développer pistes cyclables, voies de bus et zones piétonnes. Premier résultat visible: le récent lancement d’un premier service de «bike sharing» (équivalent de notre Vélib’) à Downtown et West Hollywood.

Nos adresses pour:

  • Flâner en pleine ville en partant de West Hollywood (élue ville la plus piétonne-friendly de Californie), shoppez au Farmer’s Market et à The Grove et finissez votre route au parc La Brea Tar Pits. Une balade à pied de près de 5 km sans croiser une seule bretelle d’autoroute (5801 Wilshire Blvd, Los Angeles).
  • «Rider»  et boire un verre au Spoke Bicycle Café (3050 N Coolidge Ave, Los Angeles), un tout nouveau lieu pro-cycliste. L’énorme terrasse offre un garage à vélos digne d’un coffee-shop amstellodamois.
  • Marcher utile. Se promener ou faire du vélo en découvrant l’histoire de la ville, c’est possible grâce à plusieurs sites qui veulent donner une autre image de L.A: freelatour.com, bikinginla.com, losangeleswalks.org.

4.MexicoDe ville néocoloniale à capitale du design

Dans votre esprit de gringo, Mexico est une ville néocoloniale bondée d’haciendas et d’églises baroques en pleine décrépitude (ah, le charme de l’ancien…) où l’on croise des mariachis en répétition et une Frida Kahlo locale vendeuse de pañuelos et de porte-clés en forme de tête de mort ou de mini-sombrero. C’est selon.   

La nouvelle donne: Mexico a atteint la première place sur le podium très convoité de la modernité architecturale. En lice pour devenir la capitale mondiale du design en 2018, la métropole mexicaine croule sous les projets les plus dingues: un nouvel aéroport futuriste par les cabinets Foster et FR-EE, un parc urbain linéaire géant au-dessus des routes ou le musée Mazatlán en forme de soucoupe volante, tous deux élaborés par l’architecte star Fernando Romero.

Nos adresses pour:

  • Se cultiver en en prenant plein la vue au musée Soumaya (Miguel de Cervantes Saavedra 303, Granada, Miguel Hidalgo, Méxicodesigné par Fernando Romero (encore lui). Le lieu revêtu de petites parcelles miroir abrite des collections d’art latino-américain et européen.
  • Bien dormir à l’hôtel Carlota de Javier Sanchez (Río Amazonas 73, Cuauhtémoc, México), tout nouveau lieu en plein cœur de Mexico. L’hôtel prend le parti pris du brut, avec mur en briques apparentes et sol en béton ciré.
  • Faire un tour dans le quartier de Condesa, ancien quartier hispanique où fleurissent des maisons d’architectes. À voir: le «Amsterdam Building» de Jorge Hernández de la Garza (Avenida Amsterdam 297, Hipódromo, Cuauhtémoc, México), construit sur les bases de bâtiments art déco des années 1920. 

5.RotterdamDe port industriel pollué à ville pro-écolo

«Dans le port de Rotterdam, y a des marins qui chantent, les rêves qui les hantent au large de Rotterdam…» Non, ça, en fait, c’est à Amsterdam que ça se passe. À Rotterdam, capitale commerciale des Pays-Bas, ce n’est que port géant industriel, néo-urbanisme disparate et nuisances en tout genre. La ville est l’une des plus polluées au monde, devant Shanghai et Athènes.

La nouvelle donne: Rotterdam opère un revirement pro-écolo et pro-environnement. La municipalité de Rotterdam vient de tester les toutes premières routes au monde en plastique recyclé récupéré dans les océans et vient d’annoncer le lancement d’un projet de moulin à vent géant sur l’eau énergiquement auto-suffisant, qui accueillera un hôtel et des appartements.

Nos adresses pour:

  • Respirer de l’air de bonne qualité. Direction la Smog Free Tower (Vierhavensstraat 52, Rotterdam), première tour au monde qui recycle l’air pollué ambiant, inaugurée début septembre.
  • Manger durable chez Spirit (Vereniging «De Groene Passage», Mariniersweg 9, 3011 NB Rotterdam). Ouvert en 2013, ce bar-restaurant éco-friendly est vite devenu une institution de la ville. Nourriture 100% bio et 100% végétarienne.
  • Chiner raisonnablement chez Groos (Schiekade 203, 3013 BR Rotterdam), un concept-store qui vend des marques de fringues et de design soucieuses de leur impact écologique et du recyclage.

6.BelgradeDes mines anti-personnel au son des platines

Si vous réfléchissez un peu (mais pas trop), la capitale de la Serbie vous évoquera vaguement un rideau de fer, quelques bombardements de l’Otan, des tensions politico-religieuses et des guerres atroces qui, suite à la famine, ont fait de l’oignon un plat national. Ce dont vous êtes sûr en revanche, c’est que, là-bas, vous avez plus de chances de tomber sur une mine anti-personnel que sur Emir Kusturica. 

La nouvelle donne: la nightlife et ses cocktails qui ont remplacé les oignons. La ville connaît un vrai regain d’intérêt auprès des clubbers du monde entier. Pas étonnant que Lonely Planet l’ait élue capitale mondiale de la fête en 2015. Entre ouvertures de clubs et de bars aux line-up pointus (Miss Kittin, Nicolas Jaar) et réhabilitation d’anciennes friches industrielles en temple de la techno, Belgrade ne vit plus qu’au son des platines. Destination fiesta!  

Nos adresses pour:

  • S’ambiancer au We are the shit (Lomina 5-9, Belgrade), un nouveau bar-club ouvert fin 2014. Du bon son jusqu’à 2 heures de l’après-minuit et une vue imprenable sur la skyline belgradoise.
  • Se déchaîner au Drugstore (Bulevar vojvode Bojovica 4, Belgrade). Surnommé la cathédrale techno, ce lieu underground est en quelque sorte caché dans le quartier de Palilula («deuxième bâtiment à gauche dans la cour»...). Un conseil, suivez la foule.
  • Se terminer au Hangar, près du port (Bulevar Vojvode Mišica 10, Belgrade). Une ancienne friche industrielle transformée en club monumental. Prochaine soirée, Nicolas Jaar le 13 novembre dans le cadre des soirées du collectif Apgrade.

 

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