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Les suicides de pseudos sur internet sont en voie de disparition

La mort à Paris | Hans Van Den Berg via Flickr CC License by

La mort à Paris | Hans Van Den Berg via Flickr CC License by

Les histoires annonçant faussement la mort d'un utilisateur d'un site obscur étaient pourtant monnaie courante il y a quelques années.

Mettre en scène sa propre mort. Virtuelle bien sûr. Pour beaucoup d’entre nous, cette tendance souterraine, lancée à l’époque de ce qui ressemble à l’Antiquité d’internet, n’existe pas ou n’a jamais existé. Entendons-nous bien, dans le phénomène qui nous occupe, cette mort revient seulement à supprimer un pseudo de la face de la planète. Une pratique répandue chez les internautes aguerris il y a quelques années mais rendue beaucoup plus difficile à l’heure des réseaux sociaux de plus en plus sécurisés, souligne Motherboard.

L’article retrace plusieurs de ces canulars. Il y a par exemple cette entrepreneuse, membre d’une sorte de réseau de vente de tricots en ligne, réputée morte par la société et qu’un utilisateur endeuillé avait fini par repérer faisant ses courses dans un centre commercial, ou encore ce post publié en 2012 où une «veuve éplorée» relate la disparition et la triste existence de son mari au doux pseudo de Holdkriss99: une sombre histoire d’abus sexuels, d’addictions à la methamphétamine, d’enfermement carcéral. Heureusement, ou malheureusement pour Holdkriss99, des lecteurs consciencieux de sa nécrologie ont, un peu plus tard, livré à l’attention des foules des photos prouvant que cette homme avec lequel la vie avait été si cruelle se portait très bien.  

Nihilisme radical

L’implication émotionnelle des internautes dans ces décès pour rire est notable. Les commentateurs sont toujours nombreux à s’attrister devant ce genre de nouvelles... même quand ils semblent savoir pertinemment que rien n’est vrai, s’amuse l’article. Celui-ci pointe le contraste de cette empathie avec le geste de l’internaute suicidant son pseudo: «Se construire une vie en ligne uniquement pour la détruire était un acte d’un radical nihilisme.»

 

Les réseaux sociaux, cependant, tendent à rendre ledit nihilisme obsolète ou plus délicat à tenir. À l’inscription, ces sites demandent l’état-civil du nouvel arrivant. En cas de décès d’un utilisateur, Facebook ou Twitter exige d’être contacté par un ayant-droit du défunt muni de papiers officiels prouvant la mort de celui-ci pour fermer un compte. L’omniprésence de photos et d’images sur ces mastodontes d’internet rend aussi compliqué de disparaître tout à fait des radars.

Avec son Tartuffe, Molière avait soulevé la colère des faux dévots qu’il dénonçait, mais apparemment les réseaux sociaux peuvent s’attaquer aux faux défunts en toute sérénité. 

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