Économie / Monde

Longues études et longues heures de travail ne font pas bon ménage

Temps de lecture : 2 min

Un rapport américain montre les limites d'un mauvais cumul des taches.

Des étudiants manifestent pour des salaires plus élevés dans la restauration rapide le 15 avril 2015 à Brooklyn | REUTERS / Lucas Jackson
Des étudiants manifestent pour des salaires plus élevés dans la restauration rapide le 15 avril 2015 à Brooklyn | REUTERS / Lucas Jackson

Pas plus de 15 à 20 heures de travail par semaine. Ces chiffres sont les conclusions d’une étude menée par le Centre sur l’éducation et les travailleurs de Georgetown. Selon eux travailler au-delà de cette limite chaque semaine, quand on suit en parallèle des études, «nuirait aux performances académiques», rapporte Bloomberg Business.

Le rapport pointe également le fait que travailler à fin de payer ses frais de scolarité marche rarement, tant les universités sont chères. En moyenne, un étudiant travaillant à temps plein gagnerait, avant impôt, 15.080$ par an. Largement insuffisant selon Anthony Carnevale, auteur principal de l’étude et directeur du centre de Georgetown:

«Le travail pourrait éventuellement couvrir les frais de scolarité d’une école sur deux ans. Mais les gains ne seraient pas suffisants pour obtenir, et seraient même loin de couvrir, une école privée pendant quatre ans.»

Entre 2001 et 2012, les frais de scolarité auraient ainsi augmenté de 46%.

Nicole Smith, co-auteur de l’étude, estime que la quantité de travail joue aussi un rôle important:

«Selon combien de temps vous travaillez et ce que cela implique, cet emploi aura un impact réel sur l’achèvement ou non de vos études. Les étudiants défavorisés qui entrent à l'université ont tendance à être réticents face aux risques, donc ils vont probablement beaucoup moins contracter des prêts étudiants et plus probablement travailler de longues heures. Si vous travaillez des heures plus longues, vous êtes moins concentrés sur l'enseignement. Alors l'étudiant ne peut pas obtenir un diplôme en temps et en heure ou plus souvent, il renonce et abandonne l'école.»

Et en France

Selon des chiffres de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) de 2011, un étudiant sur deux travaillerait au moins trois mois par an. Près de 70% d’entre eux effectuerait des petits boulots sans aucun lien avec leurs études quand les autres feraient des stages ou des activités qui serviraient leur cursus professionnel. Pourtant, seuls 43 % des étudiants travailleraient pour payer leurs études. 41% le ferait pour s’assurer une autonomie financière vis-à-vis de leurs parents.

D'après les économistes, Pascal Favard et Liliane Bonnal, qui se sont penchés sur la question pour Telos:

«Une série de travaux réalisés à partir d’enquêtes nationales (de l’OVE et du ministère) mesurent le rôle de l’emploi salarié étudiant sur la réussite universitaire et sur le décrochage des étudiants en première année de licence: environ 1 étudiant sur 5 ne passe pas les examens et 1 étudiant sur 3 se réoriente à la fin de la première année.»

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