Le New York Times pleure l'un de ses monuments

Slate.fr, mis à jour le 28.09.2009 à 19 h 08

Il fut la plume des discours de Nixon, lauréat du Prix Pulitzer pour ses chroniques politiques parues dans le New York Times. William Safire était également écrivain, essayiste et passionné de linguistique. Il s'est éteint à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer du pancréas.

Safire explorait un spectre politique qu'il avait divisé en deux univers: le sien, «emprunt d'une sagesse positiviste qu'il voulait pleine d'humour», et celui des autres, où se mêlent les «nababs du négativisme» et les «hystériques hypocondriaques» de l'histoire. «Mauvais élève militant» formé dans les meilleurs établissements, il s'est construit une carrière par un sens du contact et par la force de ses réseaux. Il fut l'instigateur de l'historique «Kitchen debate» (1959) qui opposa Nixon et Khrouchtchev à Moscou. Il fut également aux premières loges du Watergate.

Deux fois par semaine, de 1973 à 2005, Safire livrait au New York Times ses «essais», incarnant le versant conservateur du titre, pour lequel la langue de bois était inconnue. Réalisant lui-même ses reportages, il n'hésitait pas à traiter les uns de voleurs, les autres de menteurs, usant toujours de cinglants jeux de mots. C'est aussi sur le quotidien newyorkais que cet écrivain reconnu tenait une chronique, «On Language», qui explorait l'origine des mots, l'évolution des tendances verbales. Il devint une référence mondiale en matière sémiologique et linguistique, une intraitable vigie du bon usage des langues, ainsi qu'un créateur de néologismes hors pair.

Il se définissait comme un Libertaire-conservateur, prônant la liberté citoyenne dans un Etat minimaliste. Toujours indépendant, il critiqua sévèrement Georges W. Bush et les privations de libertés consécutives du « Patriot Act », mais apporta son soutien à la guerre en Irak. L'une de ses dernières charges fit voler les plumes du couple Clinton, traitant Hillary de «menteuse congénitale». Bill aurait avoué son désir de réponse musclée, en refaisant le portrait de l'impertinent Monsieur Safire.

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Image de Une: W. Saphire durant l'émission "Meet the Press" en 2006

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