Une école apprend aux pères d’origine coréenne à faire des câlins

 Bongwonsa (봉원사) , Seoul | Michael Sean Gallagher via Flickr CC License by

Bongwonsa (봉원사) , Seoul | Michael Sean Gallagher via Flickr CC License by

Les pères américano-coréens, souvent très stoïques, peuvent désormais apprendre montrer leur affection à leur famille.

Dans l’État de Virginie, aux États-Unis, une école religieuse un peu particulière est implantée depuis quelques temps à Centreville, où la communauté coréenne est très importante. Comme l’explique le site de la radio publique PRI, la Duranno Father School est «une sorte de retraite de quatre jours, faite pour transformer des père coréens stoïques en parents plus aimants et investis». Tout est parti de Séoul dans les années 1990, quand une église a décidé de lutter contre l’absentéisme paternel au sein du cocon familial.

Souvent inscrits par leurs femmes, ces pères et époux vont alors participer à différents ateliers, notamment une leçon où ils vont apprendre à faire des câlins et discuter ensemble sur la manière d’exprimer l’amour qu’ils portent à leur famille. Ils ont aussi des devoirs maison, notamment écrire des lettres à leur femme ou donner vingt raisons de leur amour pour elle.

Des mots blessants aux sourires

Les hommes seront mêmes invités à laver les pieds de leur épouse lors d’une cérémonie aux aspects bibliques indéniables:

«Au troisième jour, quelques étudiants ont déjà abandonné, écrit PRI. Mais ceux qui restent sont particulièrement honnêtes dans leur façon de partager. La plupart d’entre eux disent avoir été déçus par leur propre père, un autre dit s’inquiéter à propos de son adolescent, et un dernier avoue ne pas voir ses enfants grandir.»

Bien souvent, derrière l’apparente froideur des pères de famille se cache un vrai malaise. «Être parent est difficile, et les angoisses de la vie d’immigrant rendent tout cela encore plus difficile», explique PRI en citant l’exemple de cet homme arrivé aux États-Unis avec sa famille il y a quatre ans sans savoir que la vie serait aussi dure. «Vivre dans un petit appartement avec des enfants, ne pas être capable de parler la langue ou de trouver du travail, avoue-t-il, cela nous a fatigués, et nous avons dit des mots plus blessants que nous ne l’aurions voulu.»

Finalement, chaque père semble ressortir grandi de cette expérience, du moins si l’on en croit les nombreux sourires sur les visages des épouses lors de la cérémonie de remise des diplômes. Aujourd’hui, la Duranno Father School s’est développée dans plus de quarante pays à travers le monde, et a appris à plus de 300.000 pères à trouver les gestes et les mots pour exprimer l’affection qu’ils portent à leur famille.

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