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Les présidents américains ne meurent plus en exercice

L'assassinat d'Abraham Lincoln | Anonyme via Wikimedia Commons (Domaine public)

L'assassinat d'Abraham Lincoln | Anonyme via Wikimedia Commons (Domaine public)

Depuis la mort de Kennedy, aucun chef d’État américain n’est mort durant son mandat. Et cela n’avait jamais fait aussi longtemps.

Cela fait désormais 18.967 jours qu’un président américain n’est pas mort durant l’exercice de ses fonctions et il s’agit là d’un record. Depuis l’assassinat de John F. Kennedy, aucun chef d’État américain n’est mort ni de maladie ni de la main d’un meurtrier. Mais ce record a toutes les chances de passer inaperçu, remarque Quartz dans un article, et avec raison apparemment, car il semble être le seul à avoir commenté cet événement pour le moment. Au total, huit présidents, de Harrison à Kennedy en passant par Lincoln ou Harding, ont perdu la vie alors qu’ils étaient pensionnaires de la Maison Blanche.

L’article qui s’appuie sur le témoignage de Ronald Kessler, auteur de In the President’s Secret Services: behind the lines with agents in the line of fire and the President they protect, donne quelques-unes des raisons à cette longévité nouvelle du premier personnage des États-Unis.

Progrès de la médecine

Tout d’abord, bien sûr, la médecine a fait quelques progrès depuis la mort de William Henry Harrison d’une pneumonie en 1841. De plus, à partir de 1991, la présidence a disposé d’une unité médicale disponible partout et sur le pied de guerre en permanence. Auparavant, il revenait aux services secrets d’acheminer le plus rapidement possible leur patron à l’hôpital le plus proche. 

Au chapitre santé toujours, l’activité présidentielle actuelle renforcerait peut-être la bonne santé initiale de son dépositaire: les marches et déplacements incessants, les heures passées à pérorer debout seraient autant de bons moyens d’exercer sa force tandis que le serrage de milliers de mains chaque année ne peut que prouver qu’on a un système immunitaire en béton.

Il y a l’explication sociologique. Les Américains semblent avoir élu des présidents plus jeunes que la plupart de leurs prédécesseurs. Barack Obama par exemple n’avait que 47 ans au soir de son élection. À cet âge-là, la probabilité est forte que tous les voyants soient au vert du point de vue de la santé.

La malédiction de Tecumseh

La figure d’Obama nous ramène par ailleurs à la dernière raison de la prolongation du sort des chefs d’État américains: les concernant, les services secrets et leurs services de protection ont fait quelques projets depuis l’époque où pas moins de trois présidents étaient assassinés en l’espace de trente-six ans (de Lincoln en 1865 à McKinley en 1901 en passant par Garfield). Obama a ainsi fait l’objet de dix fois plus de menaces que les autres présidents, et il ne s’en porte pas mal pour autant.

Les morts récurrentes de présidents en exercice ont profondément frappé l’imaginaire américain, au point de forger une légende pour l’expliquer. En 1811, le futur président Harrison aurait lésé et pris des terres à la tribu Schawnee. En retour, Tecumseh, chef indien, aurait maudit la nation américaine la condamnant à perdre tragiquement ses présidents élus une année en zéro. Reagan, élu en 1980, et Bush Jr, désigné en 2000, ont été les premiers à déjouer le pronostic. 

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