Économie / Tech & internet

L’Europe est en récession numérique

Temps de lecture : 2 min

Déjà en crise économique, des chercheurs montrent que l’Europe se trouve également empêtrée dans une crise du numérique.

Drapeaux de l'Union européenne | Thijs ter Haar via Flickr CC License by
Drapeaux de l'Union européenne | Thijs ter Haar via Flickr CC License by

L’Europe est en crise. Elle a échappé à la crise grecque, encaisse la crise des migrants et subit la crise économique depuis 2008. Pourtant, selon la Harvard Business Review, une autre crise a des conséquences encore plus graves pour la compétitivité globale du vieux continent: la récession numérique.

Pour cette analyse, les chercheurs se sont basés sur un indice d’évolution numérique. Observant les capacités d’une cinquantaine de pays depuis 2008, il les classe ensuite en quatre catégories: ceux qui ont un fort niveau de développement numérique et sont sur une trajectoire ascendante («Stand Out»), les États ayant un niveau élevé mais qui ralentissent et risquent d’être à la traîne («Stall Out»), ceux qui ne sont pas développés mais possèdent un fort potentiel («Break Out») et les pays qui ont un niveau numérique médiocre et stagnent («Watch Out»), même s’ils pourraient s’en sortir avec des innovations intelligentes.

On constate grâce à cet indice que, sur les vingt pays de l’Union européenne sélectionnés, seuls trois sont dans la meilleure catégorie numérique (l’Irlande et l’Estonie). Dix sont dans la catégorie suivante (le Royaume-Uni et la Suède sont même à la limite entre «Sand Out» et «Stall Out») et huit stagnent dans la dernière.

Le «marché unique numérique» à la rescousse?

Un retard crucial alors que l’Union européenne et Jean-Claude Juncker ont annoncé leur volonté de lancer en mai 2015 un «marché unique numérique», censé rapporter 471 milliards par an à l’économie régionale et créer 3,8 millions d’emplois. Pour améliorer cette situation, les chercheurs s’exprimant dans la Harvard Business Review estiment qu’il faut harmoniser les règles du e-commerce, investir dans la capacité d’innovation, développer une culture de la tolérance face aux risques –à l’image de celle présente aux États-Unis– et (curieusement) réformer les politiques d’immigration.

Cette dernière mesure serait encore due à l’exemple américain. Selon The Economist, plus de 40% des 500 premières entreprises américaines ont été fondées par des migrants ou par des descendants de migrants, comme le rappelle l'article de la Harvard Business Review:

«Alors que les personnes nées à l’étranger constituent un huitième de la population américaine, un quart des start-ups technologiques ont un fondateur immigré.»

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De quoi donner une envie supplémentaire de régler efficacement la crise des migrants en Europe.

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