Partager cet article

Maintien, retrait ou fusion des listes au second tour des régionales: qui pense quoi au PS?

Quelle sera la stratégie électorale du PS? | ajari via Flickr CC License by

Quelle sera la stratégie électorale du PS? | ajari via Flickr CC License by

Voici les déclarations de dix ténors du PS et d’un ministre «anonyme» sur la stratégie électorale socialiste au second tour des élections régionales de décembre.

Au second tour des régionales, et face à un risque élevé dans certaines régions, comme dans le Nord-Pas-De-Calais-Picardie ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de voir le Front national remporter les élections, quelle attitude doit adopter le Parti socialiste? La majorité se déchire actuellement sur cette question, hésitant entre un maintien des listes, un «Front républicain» classique (se retirer au second tour pour laisser plus de chances au parti de Nicolas Sarkozy de remporter la mise) ou une fusion des listes. Pour y voir plus clair sur «qui pense quoi?» à Solférino, voici les déclarations de dix ténors du PS et d’un ministre «anonyme», classées en trois catégories:

1.Ceux qui veulent maintenir les listes(bien que certains changent souvent d’avis)

Luc Carvounas, sénateur PS du Val-de-Marne, a affirmé sur Sud Radio:

«Je ne souhaite pas que les camarades présents au premier tour, dans un scrutin à la proportionnelle, se désistent. Cela voudrait dire que, dans l’hémicycle, on laisserait pendant plusieurs années des débats entre des élus du FN et la droite représentée par les amis de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas ma tasse de thé, ce n’est pas mon ambition.»

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, était tout aussi clair sur LCP:

«Il n’est pas question de compter sur cette attitude sur (sic) la gauche aux élections régionales. [...] Nous voyons un certain nombre de candidats face au Front national qui tiennent le même discours que le Front national, je pense notamment à Monsieur Estrosi».

Christophe Castaner, candidat PS à la présidence de la région PACA, député des Alpes-de-Haute-Provence, est tout aussi formel. En témoignent ses propos à l’AFP, qui l’interrogeait sur un retrait des socialistes au second tour si le FN était en position de gagner la région:

«Le discours d’Estrosi est tellement radical que nos électeurs ne comprendraient pas.»

(Et ce dernier refuse aussi très logiquement toute fusion de liste avec Les Républicains: «Pas d’alliance contre nature»a-t-il dit dans un tweet.)

François Lamy, ex-ministre et porte-parole de la liste socialiste dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, est plus ambigu. Il a affirmé être pour un maintien des listes dans un entretien à La Voix du Nord du 17 octobre. Avant de visiblement changer d’avis dans une interview auprès de l’ESJ (mais à la condition que les partis de gauche se rallient tous à Xavier Bertrand). Puis dans un troisième temps, il a démenti ses précédents propos... mais l’interview était enregistrée. Voici ses deux déclarations:

«Xavier Bertrand ne dispose d’aucun réservoir de voix. La gauche se maintiendra donc au second tour. Nous trouverons facilement un accord avec les écologistes.»

«Si les partis de gauche sont derrière Xavier Bertrand, le retrait est envisagé. Mais ça serait bien que la gauche ne se retire pas complètement et, si Xavier Bertrand accepte un accord, qu’on conserve quelques élus. Mais ça, il faudra en discuter en interne.»

Je ne souhaite pas que les camarades présents au premier tour, dans un scrutin à la proportionnelle, se désistent

Luc Carvounas, sénateur PS du Val-de-Marne, à Sud Radio

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti, a lui aussi évolué dans son discours. Voici trois de ses déclarations. Dans la première, à Libération, il rejette clairement l’option Front républicain. Dans une autre interview, à iTélé cette fois, le 26 octobre, après un titre du Monde indiquant que le parti était confronté à un dilemme, «aider la droite ou favoriser le FN», il semble aussi rejeter ce scénario. Enfin une dernière déclaration à Europe 1 montre que le responsable semble cette fois plus modéré:

«Les déclarations extrémistes de Christian Estrosi et de Xavier Bertrand sur les réfugiés empêchent désormais le Front républicain.»

«Ce n’est pas la bonne question. Là, qu’est-ce qu’on dit? On dit en fin de compte que le Parti socialiste est un parti de témoignage de premier tour. Et qu’en fin de compte la seule chose qui lui reste à faire, c’est de soutenir Les Républicains [...]. Cela fait des mois qu’on est dans une tentative de disqualification du Parti socialiste et, au passage, de la gauche, de l’ensemble du paysage politique.»

«Je n’exclus rien, mais ma pensée première est pour gagner le premier tour.»

Christophe Borgel, responsable des élections au PS, interrogé par l’AFP, était quant à lui nuancé:

«Le PS n’a pas décidé d’abandonner en toute hypothèse le vote républicain. [...] Mais, dans les deux régions où la question peut éventuellement se poser si tant est qu’elle se pose–, les positions des têtes de listes LR sapent toute possibilité d’un vote républicain.»

...tout comme le député Alexis Bachelay, toujours à l’AFP:

«On a treize régions, donc treize campagnes. On ne peut pas forcément appliquer le même principe [du Front républicain] automatiquement, mécaniquement, partout.»

2.Ceux qui veulent un Front républicain
(certains n’osent pas le dire trop fort)


Manuel Valls, Premier ministre, au Bondy Blog, a évoqué implicitement l’idée:

«Il est hors de question de laisser le Front national gagner une région. Tout devra être fait pour l’empêcher. Je vous donne rendez-vous le soir du premier tour.»

Je préfère aucun socialiste dans un exécutif plutôt que le Front national à la tête de ces exécutifs

Anne Hidalgo, au «Grand Rendez-vous» Europe 1-Le Monde-iTélé

Anne Hidalgo, maire de Paris, a été plus claire lors du «Grand Rendez-vous» Europe 1-Le Monde-iTélé, le 27 septembre:

«Là où il y aura un risque majeur d’avoir le Front national à la tête des régions, il faudra se retirer [...].  Je préfère aucun socialiste dans un exécutif plutôt que le Front national à la tête de ces exécutifs.»

3.Ceux qui veulent une fusion des listes(un scénario peu probable)

Un «ministre influent» a proposé son analyse à France info:

«On ne va pas encore se faire avoir.»

(Sous-entendu: une fusion des listes plutôt qu’un Front républicain permettrait d’avoir des élus PS au Conseil régional.)

... avant que le premier secrétaire du PS ne réagisse, en disant «Ce “ministre”, soit il se nomme, soit il se la ferme». Ce scénario est de toutes façons peu probable, comme nous l’expliquions dans un article il y a quelques semaines, car il a été rejeté par de nombreux Républicains, qui misent sur un report des voix.

Christophe Caresche, député PS de la 18e circonscription de Paris, à France info:

«Si, au soir du premier tour, on constate qu’il y a dans un certain nombre de régions un risque sérieux que le Front national l’emporte, il faut envisager cette hypothèse [...]. Face à ce risque, il faut que ceux qui sont attachés à la République s’unissent pour faire barrage à l’arrivée éventuelle du FN à la tête d’un certain nombre de régions. Personne ne peut nier aujourd’hui que le Front national est en dynamique.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte