Boire & manger / Santé

Quand la presse embroche les viandes cancérogènes

Temps de lecture : 2 min

L'annonce de la nocivité probable de différentes viandes a soulevé des réactions mi-humoristiques mi-amères dans la presse.

Amoureux de la viande | Marius Boatca via Flickr CC License by
Amoureux de la viande | Marius Boatca via Flickr CC License by

On commence à le savoir: selon un document produit par l’OMS, la consommation de viandes transformées et de viandes rouges est pour l’une cancérogène et pour l’autre probablement cancérogène. L’annonce a suscité un peu partout l’ire des éditorialistes, agacés qu’on vienne renifler dans leurs assiettes. Dans le Guardian, JC Johnson signe une tribune joliment intitulée: «Quelque chose va vous tuer. La vie, c’est ce qui se passe avant».

L’auteur commence par mettre les points sur les i: «Je trouve peu de plaisir à entendre parler de ce qui va probablement me tuer.» Il ne s’agira donc pas pour lui de défier l’hygiénisme ambiant et sa santé en mangeant «des tranches de pepperoni prédécoupées au petit-déjeuner tous les jours assis sur [son] canapé, dans l’obscurité».

Mais JC Johnson rappelle qu’en dehors même de la viande la mort peut prendre de nombreux chemins. Il y a la pollution bien sûr, les voitures également... sans oublier les rayons du soleil lui-même. JC Johnson conclut avec bon sens et fatalisme: «Ajouter les viandes à la liste des menaces connues sur la vie et la santé humaine [...] sert à nous rappeler que tout ce qui pourrait nous aider à supporter l’existence et amener de la joie dans nos vies ne fait que précipiter notre mort inévitable.»

Les viandards de demain sont les fumeurs d'aujourd'hui

Dans le Washington Post, Alexandra Petri a choisi, quant à elle, de tirer jusqu’à l’absurde les conséquences possibles d’une telle nouvelle. Affirmant que désormais la viande se retrouve presque placée au même rang que la cigarette, elle imagine une société dans laquelle les «viandards» subiraient le même sort que les fumeurs actuels:

«Nous devrons manger de la viande seulement dans des zones prévues à cet effet réservées aux gens qui abrègent sciemment leurs jours. Tous les autres passeront derrière les vitres de nos salles à manger de la viande en nous jetant des regards désapprobateurs, protégeant leurs enfants de tout éventuel petit morceau de chair de seconde main. On vendra les hamburgers avec des crânes et des os dessinés sur les côtés.»

Une signalétique appétissante qu’on attend avec impatience.

Slate.fr

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