Economie

Ubérisation et nettoyage à domicile ne font pas bon ménage

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 27.10.2015 à 12 h 36

Repéré sur Recode, Medium

La société Homejoy, une des pionnières du créneau, vient de fermer ses portes. Et ce n'est pas la faute à pas de chance, mais à un modèle économique problématique.

La femme de ménage de rue par Banksy Dan Brady via Flickr CC License by

La femme de ménage de rue par Banksy Dan Brady via Flickr CC License by

Au cœur de l’été, les employés de Homejoy ont passé leur dernier coup de balai. Depuis sa création en 2012, l'entreprise étendait le principe de l’ubérisation au secteur du nettoyage à domicile en proposant à sa clientèle de programmer la venue de techniciens de surface, considérés non pas comme salariés de l’entreprise mais contractuels «indépendants», à leur domicile. Mais la société a dû fermer sans gloire le 31 juillet dernier, explique Re/Code. Et selon le site, c’est justement le statut des femmes et hommes de ménage qui a amené à la chute de Homejoy. 

L’entreprise, qui, à l’acmé de son développement, était présente dans 35 villes dans le monde et employait une centaine de personnes sans compter ses 1.000 «travailleurs indépendants», ne parvenait plus à trouver de nouveaux financements. La faute, selon Adora Cheung, la co-fondatrice et présidente de Homejoy, aux quatre poursuites judiciaires ouvertes au sujet du statut des techniciens de surface qui auraient effrayé les investisseurs.

Le temps de déplacement oublié

Un long format de Medium voit des racines plus profondes encore à cet échec qui pourrait augurer de l’impossibilité d’un service à la demande dans le domaine du ménage domestique. L’article rappelle ainsi que les pertes financières étaient depuis longtemps énormes et que l'entreprise dépensait trop d’argent pour son expansion à l’international. Homejoy a été fauché par le pêché véniel de nombreuses start-up: se préoccuper exagérément de l’extension de la société et trop peu de ses rentrées d’argent.

Homejoy, pourtant censé être un pur produit de l’ère du numérique, a de plus dû faire face à des tracasseries techniques qui ont entravé sa réussite. L’algorithme informatique utilisé présentait, par exemple, l’inconvénient de fixer des rendez-vous consécutifs à ses professionnels sans prendre en compte la durée de déplacement. Une négligence qui avait le don d’énerver les clients.

Homejoy ne savait pas garder ses clients, ni ses travailleurs d'ailleurs

La société avait ainsi le plus grand mal à fidéliser sa clientèle. Au bout d’un mois après l’inscription, seuls 25% de celle-ci continuaient à faire appel à Homejoy, et moins de 10% après six mois. La ponctualité donc s’est souvent retrouvée mise en cause mais aussi la qualité du travail effectué. Et c’est surtout là que le bât blesse pour «l'ubérisation» du domaine. 

Le nettoyage à domicile est un métier très difficile, qui exige un rythme et une rigueur des plus exigeants, et il était très difficile à l’entreprise d’en savoir long sur les capacités des techniciens engagés. Rien d’insurmontable de ce côté là pour les clients en revanche: ceux-ci avaient pris l’habitude d’engager personnellement les meilleurs nettoyeurs de Homejoy. 

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