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L'eugénisme n'est pas un gros mot

top secret gene splicing experiments frankielon via Flickr CC License by

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Le Royaume-Uni s'apprête à autoriser la fécondation in-vitro à trois personnes. Une occasion de reconsidérer ce qui pourrait être éthiquement autorisé dans le champ de la génétique?

Ce jeudi 29 octobre, le Royaume-Uni va devenir le premier pays à autoriser une fécondation in-vitro à trois personnes, soit «la création d'un bébé avec trois parents», raconte le Telegraph.

Schéma du Telegraph expliquant comment fonctionne une fécondation in-vitro à trois parents.
 

«Si cela semble semble sorti tout droit d'un film de science-fiction (ou d'un film d'horreur), la technique est relativement simple: elle consiste à remplacer l'ADN de l'œuf d'une femme avec l'ADN d'un donneur, afin d'empêcher des maladies génétiques dévastatrices de passer de la mère à l'enfant.»

Un risque de dérives pointé

Mais comme le rappelle Madhumita Murgia dans le quotidien britannique, si cela a l'air d'être une bonne nouvelle, «le débat a été dur, et la raison est claire: c'est essentiellement de l'eugénisme, la science qui consiste à améliorer la qualité génétique de la population humaine».

L'eugénisme est un gros mot, le genre de mot qui met mal à l'aise toute une partie de la population. Tout simplement à cause d'où pourrait nous amener cette pratique. Dans son édition 2016, le Larousse expliquait ainsi que «l'eugénisme cherche à limiter la reproduction des individus porteurs de caractères jugés défavorables ou à promouvoir celle des individus porteurs de caractères jugés favorables. Historiquement, il a inspiré les pires formes de répression et de discrimination, particulièrement dans l'Allemagne nazie».
 

C'était d'ailleurs l'un des sujets abordés par les journalistes de Radiolab, en juin dernier, dans un épisode passionnant consacré à CRISPR.

Des vies plus longues et plus heureuses

Mais le Telegraph affirme qu'il, «est temps de repenser tout cela. On peut aussi envisager l'eugénisme comme la manipulation du génome de façon à résoudre les crises sanitaires, comme la drépanocytose, et offrir des vies plus longues et plus heureuses à des enfants qui auraient été condamnés avant même leur naissance».

«Nous devons faire avancer cette discussion sur un plan législatif et scientifique, pour tester, ajuster, prendre des mesures de sécurité, et implémenter ces traitements jusqu'à ce qu'ils deviennent aussi sûrs qu'une neurochirurgie ou une transfusion sanguine –des avancées médicales que l'on considère aujourd'hui comme acquises. [...] Pour le bien de ceux qui en ont le plus besoin, nous devons avoir le courage de repousser les frontières du savoir humain et nous lancer dans des territoires encore inconnus.»

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