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Bientôt il fera si chaud dans le golfe persique que des gens mourront en sortant dans la rue

23 septembre 2015, à la Mecque. Les pèlerins marchent sous des fontaines rafraîchissantes. REUTERS/Ahmad Masood

23 septembre 2015, à la Mecque. Les pèlerins marchent sous des fontaines rafraîchissantes. REUTERS/Ahmad Masood

En 2100, des vagues de chaleur et d’humidité pourraient mettre en danger la vie des habitants de pays comme l'Arabie Saoudite ou les Émirats.

S’il y avait besoin de donner un énième exemple du réchauffement climatique en cours, le New York Times en livre l'un des plus terrifiants. Le journal américain relaie une étude publiée le 26 octobre qui affirme que «d’ici la fin du siècle, les zones du Golf Persique pourraient être frappées par des vagues de chaleur et d’humidité si sévères que le simple fait d’être dehors pendant quelques heures pourrait menacer la vie humaine».

Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature Climate Change, il s’agirait d’un seuil franchi pour l’adaptabilité de l’homme. «Ce seuil définit la limite de survie pour un humain normal dans des conditions de bonne ventilation en extérieur, mais [ce seuil] est plus bas pour la plupart des gens», écrivent-ils avant d’ajouter que leurs résultats définissent une région «où le changement climatique, en l’absence d’une réduction significative, pourrait avoir un impact sévère sur son habitabilité dans le futur».

La canicule permanente

Jusque-là, d’anciennes études estimaient que ce basculement n’arriverait pas avant deux cents ans, mais les nouvelles données récoltées prennent en compte ce qu’on appelle «la température au thermomètre-globe mouillé», qui permet de mesurer conjointement les effets sur l’homme de la température, de l’humidité et du rayonnement solaire, et donc d’estimer notre capacité à évacuer la chaleur. À partir de 35°C sur cette échelle (environ 74°C sur l’index de la chaleur), même une personne trempée de sueur ne peut pas refroidir son corps, explique le New York Times.

Avec l’accélération du réchauffement climatique, les eaux chaudes du Golf Persique pourraient donc être les premières à connaître des combinaisons aussi dangereuses entre chaleur et humidité, dépassant le seuil des 35°C au thermomètre-globe mouillé. «Quand cela va arriver [une fois tous les dix à vingt ans, ndlr], elles seront assez mortelles», explique le docteur Elfatih A.B. Eltahir au journal.

Air conditionné obligatoire

On pense immédiatement aux conséquences dramatiques pour le hajj, le pèlerinage annuel des fidèles musulmans se rendant à la Mecque. En plus des mouvements de foules mortels, le rassemblement pourrait bientôt connaître des pics de mortalité causés par les vagues de chaleurs et d’humidité dans la région. Selon le docteur Eric Fisher, qui n’a pas participé à l’étude mais membre de l’Institut pour la science du climat et de l’atmosphère à Zurich, le Golfe Persique pourrait même devenir inhabitable pour les personnes n’ayant pas accès à l’air conditionné.

En juillet dernier, une vague de chaleur a d’ores et déjà frôlé le seuil fatidique avec 34,4°C au thermomètre globe-mouillé, et les auteurs de l’étude estiment que la barre des 35°C pourraient être franchie au moins une fois avant 2100. 

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