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Les meilleurs rugbymen du monde ne jouent pas dans le (supposé) meilleur championnat

Essai du Néo-Zélandais Julian Savea lors du match contre la Géorgie, le 2 octobre 2015, à Cardiff | Reuters/Paul Childs

Essai du Néo-Zélandais Julian Savea lors du match contre la Géorgie, le 2 octobre 2015, à Cardiff | Reuters/Paul Childs

Le Top 14 de rugby n’est probablement pas tout à fait «le meilleur championnat du monde», comme il aime se présenter. Les meilleurs joueurs de la Coupe du monde n’y ont, pour la plupart, jamais mis les pieds et pratiquent un rugby d’une autre dimension.

Le décalage entre le niveau de l’équipe de France et celui des meilleures équipes du monde n’échappe à personne, depuis plus d’un mois que le rugby mondial s’affiche sous son meilleur visage en Angleterre. Sur l’intensité des matchs et la qualité du jeu, le contraste avec les réalités du Top 14 est encore plus criant. On avait sûrement mal compris: quand le Top 14 s’autoproclame meilleur championnat du monde, il veut dire qu’il est le plus riche, donc le plus puissant économiquement. Cela justifie qu’il soit le plus serré sur le plan du jeu et le plus porté sur le combat. Mais cela ne signifie pas que le meilleur rugby s’y pratique et que les meilleurs joueurs s’y expriment.

Tous les joueurs qui suscitent l’émerveillement depuis le début de la compétition ont su se passer du championnat de France pour grandir. Pour beaucoup, retenus par leur fédération, c’est parti pour durer. Trois exceptions méritent d’être citées. L’Argentin Juan Imhoff (27 ans, trente-deux sélections), recruté comme joker par le Racing en octobre 2014 puis prolongé depuis, le Sud-Africain Bryan Habana (32 ans, cent-quinze sélections), devenu comeilleur marqueur de l’histoire de la compétition avant de retourner à Toulon, et l’Australien Drew Mitchell (31 ans, sixante-huit sélections), partenaire d’Habana au RCT. Imhoff a été exceptionnel lors du quart de finale contre l’Irlande avec deux essais et quatre-vingt-dix-huit mètres parcourus ballon en main. Habana, même très irrégulier, a failli dépasser Jonah Lomu dans les tablettes du tournoi. Et Drew Mitchell n’est qu’à une longe de ce record avec quatorze essais. 

Voici la liste des dix individualités les plus inspirées depuis l’ouverture du tournoi. Et ce qu’elles font loin du Top 14.

1.Julian Savea (Nouvelle-Zélande)Cet air de Lomu...

Qui il est: Savea est l'ailier titulaire de la Nouvelle-Zélande (25 ans, quarante sélections) au physique dévastateur (1,92 m, 106 kg). Il a marqué trois essais lors de sa première sélection, contre l’Irlande. Et ne s’arrête pas depuis.

Sa Coupe du monde: Julian Savea est l’actuel meilleur marqueur d’essais de cette Coupe du monde. En cinq rencontres, il a scoré à huit reprises. Il a égalé le record d’essais sur une seule édition avant la finale. Le All Black s’est notamment illustré face aux Bleus en quart de finale, avec un triplé. Des essais dans son plus pur style, l’alliance de la puissance et de la vitesse. Savea est inarrêtable quand il est proche de la ligne. Sur son deuxième essai, Noa Nakaitaci, Scott Spedding et Rabah Slimani ont tour à tour rebondi sur lui sans réussir à le plaquer. L’image rappelle Jonah Lomu en 1995 et 1999. Ses qualités physiques et de ses performances (trente-huit essais en quarante capes) dessinent une inévitable comparaison.

Ce qu’il fait loin du Top 14: le Néo-Zélandais est sous contrat avec sa fédération et évolue sous les couleurs des Hurricanes, à Wellington. Il participe depuis 2011 au Super Rugby, le championnat regroupant des franchises néo-zélandaises, australiennes et sud-africaines. Savea prend aussi part, depuis 2010, au championnat provincial de Nouvelle-Zélande avec l’équipe de Wellington.

Rugby fiction: s’il jouait à Clermont, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Avec un jeu tourné vers l’offensive et mettant en valeur la ligne de trois-quarts, Savea aurait de quoi se régaler. L’ASM sait utiliser un ailier surpuissant tel que lui. Le Fidjien Napolioni Nalaga, qui présente les mêmes qualités, a évolué en Auvergne de 2006 à 2011 puis de 2012 à 2015. Il a été trois fois meilleur marqueur d’essais du championnat, une fois élu meilleur joueur (2009), quatre fois finaliste avec son club et une fois titré.

2.Nehe Milner-Skudder (Nouvelle-Zélande)Le Nouveau Black

Qui il est: Milner-Skudder évolue au sein de l’équipe de Nouvelle-Zélande, au poste d’ailier droit ou gauche. Le joueur de 24 ans totalise sept sélections et était le deuxième Black le moins capé avant le début de la Coupe du monde (deux).

Essai de Nehe Milner-Skudder dans le match opposant la Nouvelle-Zélande à la France, à Cardiff, le 17 octobre 2015 | Reuters/Peter Cziborra

Sa Coupe du monde: l’ailier est la nouvelle trouvaille du rugby néo-zélandais. Il n’a débuté avec les All Blacks qu’en août dernier mais totalise sept essais en autant de sélections. Milner-Skudder a aplati cinq fois en cinq rencontres depuis le début de la Coupe du monde. Il a été élu homme du match contre la Namibie et contre les Tonga. Savea au repos, il disputait lors de ce rendez-vous l’autre place de titulaire à une aile en vue du quart de finale, face à la jeune terreur Waisake Naholo, blessé en début de compétition. Il a clairement gagné ses galons de titulaire avec un doublé et une passe d’essai pour la centième cape de Ma’a Nonu. Face aux Bleus, il s’est contenté d’un essai, le deuxième de son équipe.

Ce qu’il fait loin du Top 14: engagé avec la fédération néo-zélandaise, il représente la province de Manawatu depuis 2011, où il évolue comme ailier, mais aussi à l’arrière sur certains matchs. Sa découverte du Super Rugby en 2015, avec les Hurricanes de Wellington, a été brillante. Il a battu le record de franchissements pour un débutant, ajoutant quatre essais lors de ses quinze matchs.

Rugby Fiction: s’il jouait à Pau, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. L’ambitieux promu, qui a presque doublé son budget par rapport à la saison dernière, a déjà recruté deux All Blacks qui évoluent avec Milner-Skudder. Avec l’indéboulonnable centre Conrad Smith et l’ouvreur Colin Slade, il formerait une base arrière redoutable.

3.Brodie Retallick (Nouvelle-Zélande)Le deuxième ligne du futur

Qui il est: Retallick est un deuxième ligne de 24 ans, titulaire chez les All Blacks (quarante-six  sélections). Le joueur de 2,04 mètre et 121 kilos a été élu meilleur joueur du monde en 2014. Une première pour un joueur évoluant à son poste.

Sa Coupe du monde: la Nouvelle-Zélande a, jusque-là, joué trois rencontres réellement importantes. Lors de la première face à l’Argentine, dans le choc du groupe C, il a été élu homme du match. Lors du quart de finale face à la France, Retallick a contré Frédéric Michalak pour aller marquer l’essai qui a lancé idéalement son équipe (onzième). Ce deuxième ligne moderne sait tout faire. Avec des qualités athlétiques énormes, il plaque, porte le ballon, capte tout ce qui passe en touche (quatre ballons volés). Des experts affirment qu’il a déjà révolutionné le poste. 

Avec des qualités athlétiques énormes, Retallick plaque, porte le ballon, capte tout ce qui passe en touche (quatre ballons volés)

Ce qu’il fait loin du Top 14: Retallick a effectué ses débuts dans le championnat des provinces de Nouvelle-Zélande en 2011 avec Hawke’s Bay. Depuis 2012, il porte les couleurs des Chiefs en Super Rugby. Pour sa première saison avec le club d’Hamilton, il a disputé dix-sept matchs sur dix-huit à seulement 21 ans, dont la finale remportée contre les Sharks. Le premier titre de l’histoire des Chiefs. En 2013, il a récidivé contre les Brumbies. Le deuxième ligne totalise dans la compétition cinquante-neuf rencontres, dont cinquante-sept comme titulaire.

Rugby fiction: s’il jouait au Stade français, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Avec un Pascal Papé clairement sur la pente descendante, le club parisien pourrait manquer d’un deuxième ligne dominant dans son effectif. Le voilà. Alexandre Flanquart n’aurait qu’à suivre sa trace.

4.Lood De Jager (Afrique du Sud)Assez fort pour éjecter le légendaire Matfielf

Qui il est: De Jager est un deuxième ligne de l’équipe d’Afrique du Sud âgé de 22 ans (2,05 m et 125 kg). Le joueur au visage poupin, qui compte dix-huit sélections, a poussé l’emblématique Victor Matfield sur le banc lors de cette Coupe du monde.

Sa Coupe du monde: il est un des chefs de file des Springboks, de retour sur le devant de la scène. De Jager est le meilleur plaqueur de la compétition avec soixante-quatorze plaquages. Et il n’en a raté que trois. Homme du match contre l’Écosse, le jeune joueur fait preuve d’une grande capacité de déplacement pour son poste. Son énergie s’ajoute à son importance en touche, dans l’un des deux meilleurs alignements de la compétition.

Ce qu’il fait loin du Top 14: après avoir été formé chez les Leopards de Potchefstroo, sans y avoir sa chance, de Jager a rejoint les Cheetas de Bloemfontein en 2013. Quand il ne joue pas avec son club en Super Rugby, il participe à la Currie Cup, le championnat national, avec la province de Free State.

Rugby fiction: s’il jouait à Toulon, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Bakkies Botha, deuxième ligne des Boks et de Toulon ces dernières saisons, vient de prendre sa retraite. Comme en sélection, Lood de Jager a le profil idoine pour lui succéder sur la Rade. Avec le grognard Paul O’Connell, il formerait un duo complémentaire. Et le RCT connaît la valeur d’un tel renfort durant la convalescence de la recrue irlandaise, blessée pour plusieurs mois.

5.Bernard Foley (Australie)Le leader des Wallabies

Qui il est: Foley est le demi d’ouverture titulaire de l’Australie (vingt-six sélections). Le joueur de 26 ans est surnommé l’Homme de glace par rapport à son sang-froid pour buter avec précision en dépit de la pression.

Foley est surnommé l’Homme de glace par rapport à son sang-froid pour buter avec précision en dépit de la pression

Sa Coupe du monde: l’ouvreur des Wallabies a particulièrement pesé sur les rencontres des Australiens depuis le début de la compétition. Lors de la victoire qui a éliminé les Anglais de leur Coupe du monde, il a marqué vingt-huit des trente-trois points de son équipe. Outre trois transformations et quatre pénalités, il a surtout inscrit deux essais, symboles de sa faculté à percer les défenses. Il est aussi le quatrième meilleur marqueur de points du Mondial avec soixante-quinze unités. Dont la pénalité décisive à la dernière minute en quart de finale.

Ce qu’il fait loin du Top 14: venu du rugby à VII, Foley est sous contrat avec la fédération australienne depuis 2011 et son arrivée chez les Warathas, l’équipe de Nouvelle-Galles du Sud. Il a remporté le Super Rugby en 2014 face aux Crusaders de Nouvelle-Zélande. Le demi d’ouverture prend aussi part au championnat national avec les Sydney Stars.

Rugby fiction: s’il jouait à Montpellier, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. L’équipe héraultaise a été renforcée à l’intersaison par une colonie sud-africaine. Des Springboks surtout réputés pour leur densité physique et qui devraient permettre au MHR d’organiser son jeu autour de ses avants. Bernard Foley pourrait apporter de la folie au milieu de ça. Avec Nic White en 9 et Jesse Mogg en 15, les lignes arrières montpelliéraines s’articuleraient autour d’une belle colonne vertébrale australienne.

6.Dan Biggar (Pays de Galles)Beaucoup plus qu’un danseur de Macarena

Qui il est: Biggar est l’ouvreur attiré du Pays de Galles (26 ans, trente-neuf sélections). Celui qui a connu sa première cape à tout juste 19 ans fait actuellement le buzz pour sa routine avant de buter.

Penalty de Dan Biggar lors du quart de finale de la Coupe du monde de rugby Pays de Galles-Afrique du Sud, le 17 octobre 2015 | REUTERS/Andrew Couldridge

Sa Coupe du monde: dans la «poule de la mort», la qualification des Gallois s’est essentiellement jouée contre le pays hôte, l’Angleterre. Dan Biggar a été l’homme du match, avec vingt-trois points inscrits. Dans les dix dernières minutes, la transformation de l’unique essai de la rencontre a été passée pour égaliser, avant sa septième pénalité du jour synonyme de victoire. En quart de finale, ses quatorze points sur les dix-huit du XV du Poireau étaient suffisants jusqu’à la soixante-quinzième minute.

Ce qu’il fait loin du Top 14: Biggar évolue sous les couleurs des Ospreys de Swansea, chez lesquels il a fait ses débuts en 2007-2008, à 18 ans. Il totalise 169 matchs, dont 41 de Coupe d’Europe. Il n’a jamais été plus loin que les quarts de finale sur la scène continentale mais a été champion du Pro12 en 2010 et 2012. Cette compétition, anciennement appelée Ligue celtique, rassemble des provinces galloises, irlandaises, écossaises et italiennes.

Rugby fiction: s’il jouait à Castres, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Son association avec Rory Kockott pourrait détoner chez les champions de France 2013. Il serait le digne successeur de Romain Teulet, qui a raccroché en 2014. Cet ancien grand buteur, recordman du nombre de points marqués avec le même club en France, était surnommé «Robocop» pour sa gestuelle avant de buter. Biggar danse lui la «Bigarrena» lorsqu’il se concentre.

7.Nicolas Sanchez (Argentine)L’homme qui a battu l’Irlande

Qui il est: Nicolas Sanchez est le demi d’ouverture du XV de l’Argentine (trente-huit sélections). Le joueur de 26 ans était sans club il y a un an tout juste.

Sa Coupe du monde: le Puma est le meilleur réalisateur de la compétition avec quatre-vingt-neuf points. En poule, il a été homme du match contre les Tonga, avec un essai, quatre transformations et quatre pénalités. Mais c’est surtout son trophée d’homme du match contre l’Irlande, en quart de finale, qui pèse lourd dans la balance. Il a marqué plus de points à lui seul (vingt-trois) que les Irlandais (vingt), grâce à quatre transformations et cinq pénalités. Sanchez a aussi réalisé onze plaquages, une énorme performance pour un ouvreur.

Contre l’Irlande, Sanchez a marqué plus de points à lui seul (vingt-trois) que les Irlandais (vingt), grâce à quatre transformations et cinq pénalités

Ce qu’il fait loin du Top 14: avant la Coupe du monde, Sanchez a regagné l’Argentine et devrait intégrer l’équipe qui représentera son pays dans le Super Rugby la saison prochaine. Il sortait de six mois à Toulon en tant que joker médical de Frédéric Michalak, durant la convalescence du Français entre octobre 2014 et mars 2015. Le RCT est allé chercher un joueur qui était sans club, après son expérience décevante à Bordeaux-Bègles entre 2011 et 2014, mais qui brillait avec les Pumas. Sa carrière a débuté en Argentine, à Tucumán de 2007 à 2010, puis avec le Pampas XV, l’équipe de la fédération, en 2010-2011. Sous la direction de son actuel sélectionneur Daniel Hourcade, le N.10 y a remporté la Vodacom Cup, une compétition annuelle en Afrique du Sud qui représente le troisième échelon au pays des Springboks.

Rugby fiction: s’il jouait à Bordeaux-Bègles, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Durant ses trois ans en Gironde, Sanchez «était nul». C’est lui qui le dit. Depuis, il a pris une autre dimension grâce à ses performances internationales. Raphaël Ibañez pourrait en tirer quelque inspiration. Comme il le dit si bien, «Nicolas a besoin d'être en confiance. Il est intelligent, technique et peut être un vrai chef d'attaque». Comme en ce moment.

8.Greg Laidlaw (Écosse)Le meilleur buteur

Qui il est: Laidlaw est le demi de mêlée du XV d’Ecosse (30 ans, quarante-six sélections). Le joueur de 1,75 mètre a été formé comme ouvreur.

Sa Coupe du monde: Laidlaw n’était autre que le meilleur réalisateur de la Coupe du monde avant les demi-finales, avec soixante-dix-neuf points inscrits. Le patron du XV du Chardon, désigné capitaine depuis 2013, a été élu homme du match face au Japon pour son entrée en lice. Contre les Samoa, il «a fait un match exceptionnel» pour son sélectionneur Vern Cotter. «Son sang-froid» a guidé les Écossais vers les quarts de finale au terme d’une rencontre tendue. Face aux Australiens, ses dix-neuf points marqués au pied ont bien failli permettre au XV du Chardon d’atteindre le dernier carré.

Ce qu’il fait loin du Top 14: après avoir évolué chez lui, à Édimbourg, de 2005 à 2014, Laidlaw a rejoint le championnat anglais. La saison passée, il portait les couleurs de Gloucester et a remporté le Challenge Européen, la deuxième Coupe d’Europe. Il a signé quatorze points face à son ancienne équipe en finale (19-13).

Rugby fiction: s’il jouait à Toulouse, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Entre Sébastien Bézy, Jean-Marc Doussain et David Mélé, le Stade Toulousain ne compte pas dans ses rangs un demi de mêlée d’envergure internationale. Cela tranche avec les autres favoris du Top 14. Pour retrouver son lustre d’antan, sans Guy Novès, le club haut-garonnais pourrait s’appuyer sur les qualités de buteur et de leadership de Laidlaw.

9.Ayumu Goromaru (Japon)Le meilleur Japonais

L’expérience et les qualités de buteur de Goromaru ne feraient pas de mal aux champions de France

Qui il est: Goromaru est l’arrière titulaire du Japon (29 ans, cinquante-sept sélections). Sa position avant de buter est la même que la légende Jonny Wilkinson, dont il s’est inspiré depuis ses débuts en 2003. 

Sa Coupe du monde: le Japonais était le deuxième meilleur réalisateur de la phase de groupes avec cinquante-huit points. Sur les quatre rencontres de son pays, il a été homme du match deux fois, contre les Samoa et les États-Unis. Goromaru a été le leader offensif de sa formation, notamment contre l’Afrique du Sud avec vingt-quatre points (un essai, deux transformations et cinq pénalités). Les Japonais ont réussi le plus grand exploit de l’histoire en ouverture de leur tournoi et sont dès lors devenus des stars au pays. Goromaru en tête. 

Ce qu’il fait loin du Top 14: Goromaru porte depuis juin 2007 les couleurs du Yamaha Jubilo, club basé à Iwata. Dans la Top League, le championnat japonais, il a notamment évolué au côté du regretté Néo-Zélandais Jerry Collins. Au fil des saisons, Goromaru est devenu le joueur vedette de l’équipe. 

Rugby fiction: s’il jouait au Stade français, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Djibril Camara et Hugo Bonneval, qui peut aussi jouer à l’aile, sont les seuls arrières de l’effectif parisien. L’expérience et les qualités de buteur du Japonais ne feraient pas de mal aux champions de France. 

10.DTH Van der Merwe (Canada)Fort comme un Sud-Af

Qui il est: Van der Merwe est l’ailier star du Canada (trente-neuf sélections). Le joueur de 29 ans, né en Afrique du Sud, a émigré en Amérique du Nord en 2003. 

Essai du Canadien Daniel Tailliferre Hauman van der Merwe dans le match contre la Roumanie, le 6 octobre 2015, à Leicester | Reuters/Peter Cziborra

Sa Coupe du monde: le Canuk a réalisé une performance inédite pour un joueur d’une sélection hors Six Nations et Four-Nations: inscrire un essai lors de quatre rencontres consécutives en Coupe du monde. L’ailier a réussi cela contre l’Irlande, l’Italie, la France puis la Roumanie. Auteur de plusieurs actions de classe, le Canadien a été élu homme du match face aux Transalpins.

Ce qu’il fait loin du Top 14: le Canadien a rejoint lors de cette intersaison le club gallois des Llanelli Scarlets. Il va connaître son troisième pays européen différent, après avoir passé six ans chez les Glasgow Warriors, en Écosse. Il y a connu une finale de Super 12 perdue en 2014 et une gagné en 2015. Sa première expérience sur le Vieux Continent a eu lieu avec les Anglais des Saracens, en 2007. Mais une grave blessure l’a de suite éloigné des terrains pour de longs mois. 

Rugby fiction: s’il jouait au Racing, le Top 14 serait peut-être le meilleur championnat du monde. Le club francilien convoiterait l’ailier fidjien Nadolo, qui était le buteur de sa sélection lors de la Coupe du monde. Alors que Daniel Carter va rejoindre l’effectif à la fin du parcours des All Blacks, les Racingmen n’ont pas vraiment besoin d’un buteur supplémentaire, qui plus est avec Rémi Talès en doublure. Les qualités de finisseur de Van der Merwe devraient suffire à les convaincre.

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