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Dix ans après les émeutes de 2005, des lectures à ne pas manquer

Des CRS à Clichy-sous-Bois, le 30 octobre 2005 | REUTERS/Philippe Wojazer

Des CRS à Clichy-sous-Bois, le 30 octobre 2005 | REUTERS/Philippe Wojazer

Une sélection de témoignages, de reportages et de vidéos pour se rappeler de ce qu'il s'est passé après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré.

Il y a dix ans, Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents de Clichy-sous-Bois, trouvaient la mort dans un transformateur électrique où ils avaient trouvé refuge après une course poursuite avec la police. En écho à ce drame, des mouvements de révolte ont éclaté dans les banlieues françaises pendant trois semaines, mettant en lumière la crise sociale et le sentiment abandon vécu par les habitants de ces quartiers dits «sensibles».

Dix ans plus tard, les choses ont-elles changé dans les banlieues françaises? La cascade promesses politiques a-t-elle été suivie d’effets? Que sont devenus aujourd’hui les émeutiers d’hier? Quel climat règne désormais à Clichy-sous-Bois, l’épicentre des émeutes? À l’occasion de cette date anniversaire, Slate.fr et Reader.fr ont compilé pour vous reportages, récits ou documentaires pour faire le point.

1.Un reportage

Quelques jours avant le drame, Nicolas Sarkozy –alors ministre de l’Intérieur– se rendait dans le quartier de la dalle d’Argenteuil pour une visite surprise qui a marqué les esprits. Ce jour-là, sous un flot d’insultes, il avait promis aux habitants de ce quartier de les «débarrasser de la racaille». Dix ans plus tard, France Inter y a réalisé un reportage multimédia très complet, à la rencontre de ceux qui ont vécu la scène et qui étaient adolescents à l’époque.

> À lire et voir sur le site de France Inter

2.Un témoignage

Dans un texte touchant et presque poétique, Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah, deux journalistes du Bondy Blog, se remémorent octobre et novembre 2005. Ils racontent les vacances scolaires, le ramadan, les matchs de foot pour les uns, l’ennui pour les autres. Et puis, le drame. «Je me souviens d’aujourd’hui parce que je me souviens de la voiture de police. Des cris épars, désordonnés. De la course infernale qui s’en est suivie. De la peur qui a mangé les nerfs. Des souffles forts et raccourcis, des cœurs qui ne sont pas prêts de s’arrêter. Des larmes au bord des yeux, du froid dans les chaussures, des graviers qui pétaient sous les pas. Des chemins qui se dessinaient au pif», écrivent-ils.

> À lire sur le Bondy Blog

3.Une analyse

Comment les relations entre la police et la population ont-elles évolué ces dix dernières années? «Rien n’a changé. Elles sont toujours aussi mauvaises. Les tensions sont les mêmes.» Voilà l’amer constat dressé par Christian Mouhanna, sociologue au CNRS, dans une interview accordée à L’Obs. Il revient sur la «paralysie gouvernementale» (à droite comme à gauche) qui a rendu impossible le retour de la police de proximité dans les banlieues françaises, les contrôles d’identité et les obstacles économiques et techniques qui entretiennent cette fracture.

> À lire sur L’Obs

4.Une interview croisée

Quels souvenirs garde-t-on de tels événements? Dans une interview croisée sur France Info, Yannick Landurain, policier, et Samir Mihi, éducateur sportif, rassemblent leurs souvenirs. Les deux hommes, qui ont vécu les émeutes de près, évoquent les instants qui ont suivi le drame, la révolte, la douleur des familles, la longue procédure judiciaire avant le procès des deux policiers et les relations toujours difficiles entre la police et la jeunesse. 

> À écouter sur France Info

5.Un récit

Le 7 décembre 2005, dans Le Monde, la journaliste Ariane Chemin racontait le dernier jour de Zyed Benna et Bouna Traoré. Ce récit détaillé, qui s’appuie sur plusieurs témoignages, recompose avec minutie les heures qui ont précédé le décès des deux adolescents, le 27 octobre 2005. «À 18h12, Bouna ou Zyed ont sans doute un geste maladroit. Un arc électrique se forme entre eux», écrivait-elle pour décrire la décharge de 20.000 volts qui leur a coûté la vie.

> À lire sur Le Monde

6.Un documentaire

Le documentaire Sous la capuche, réalisé par deux journalistes de France 3 Île-de-France chargés de couvrir le département de la Seine-Saint-Denis, dresse le portrait de plusieurs habitants de Clichy-sous-Bois et de Villepinte. Il s’intéresse à leur quotidien, à leur engagement, à leurs difficultés et recueille leurs souvenirs. Dix ans après, même si des choses ont été entreprises, le documentaire souligne «qu’il est toujours aussi difficile de trouver sa place quand on est jeune, enfant d’immigrés, et que l’on vit dans ces territoires».

7.Une immersion

Le New Yorker consacrait en août dernier un long article aux banlieues parisiennes, à la rencontre d’une jeunesse exclue d’un système qui repose en grande partie sur l’appartenance sociale. Ce long reportage, réalisé quelques semaines après les attentats de janvier 2015, vous emmène dans «l’autre France», là où le périphérique joue le rôle de «frontière sociale», entre «deux mondes parallèles».

> À lire sur le New Yorker

8.Un livre

Deux jours par semaine, pendant un an, Bahar Makooi et Joséphine Lebard ont arpenté les rues de Clichy-sous-Bois afin de raconter autrement cette ville devenue, malgré elle, «le symbole d’une France à l’abandon». Au gré des rencontres, les auteures du livre Une année à Clichy ont tenté de mettre en avant les richesses de la ville dont on ne parle pas, ou trop peu, et le quotidien de ses habitants au-delà des clichés auxquels ils sont réduits. 

> À lire sur France 24

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