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L’URSS a eu peur d’une attaque nucléaire des États-Unis en 1983

Carte d'un briefing de septembre 1983. Source:  NSArchiv

Carte d'un briefing de septembre 1983. Source: NSArchiv

Un rapport top secret et déclassifié raconte comment les Russes ont pensé que les exercices militaires de l’Otan en 1983 cachaient une offensive nucléaire des États-Unis.

En 1962, la crise des missiles de Cuba a bien failli plonger le monde dans la guerre nucléaire. Pourtant, en 1986, le nouveau dirigeant de l’URSS Mikhail Gorbatchev estima que «jamais, peut-être, dans les décennies après-guerre la situation ne fut aussi explosive et, par conséquent, plus difficile et défavorable que dans la première moitié des années 1980».

Cette citation se trouve en première page du rapport «The Soviet “War Scare”» («La peur soviétique de la guerre»), transmis en 1990 au Conseil consultatif du renseignement étranger pour le président des États-Unis. Rendu public le 14 octobre 2015 et repris par le Washington Post, il explique en détail la peur de l’URSS d’être frappée par une attaque nucléaire américaine en 1983:

«Les dirigeants militaires soviétiques ont pu être sérieusement préoccupés par la possibilité que les États-Unis utilisent Able Archer 83 comme couverture pour une réelle attaque.»

L'URSS en situation «dangereusement inférieure»

Ces craintes de l’URSS semblent avoir été renforcées par «un mode particulier d’analyse du renseignement»: un ordinateur qui mesurait les changements dans le rapport de force entre les superpuissances.

L’ordinateur, nourri par des milliers de données économiques et de rapports de sécurité, assignait une valeur fixe de 100 aux États-Unis. Pour l'URSS, être situé entre 70 et 60% par rapport à leur adversaire représentait une situation stable. Mais, à l’époque de la crise, les Russes se trouvaient en dessous de 45%, 40% étant le seuil où l’Union soviétique se trouvait «dangereusement inférieure».

«Cette situation aurait pu être extrêmement dangereuse si durant l’exercice –peut-être à cause d’une série de coïncidences malheureuses ou à cause de renseignements erronés– les Soviétiques avaient interprété les actions des États-Unis comme des préparatifs pour une réelle attaque», conclut le rapport.  

De précédents documents de la CIA et du KGB avaient montré comment le monde évita de peu une troisième guerre mondiale lors de cette année 1983. Au final, la situation a amené les belligérants à commencer à mettre fin à la guerre froide.

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