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La pluie pourrait plonger le Liban dans une crise sanitaire sans précédent

Décharge temporaire dans la rivière de Beyrouth, le 23 septembre 2015 | REUTERS/Mohamed Azakir

Décharge temporaire dans la rivière de Beyrouth, le 23 septembre 2015 | REUTERS/Mohamed Azakir

Depuis trois mois, les ordures ne sont plus ramassées dans le pays mais la situation est encore plus dramatique à la suite des orages de dimanche 25 octobre.

Depuis le début de la crise des déchets, le 17 juillet, provoquée par la fermeture de la décharge de Naameh, le Liban croule sous les ordures. Ses habitants guettaient avec angoisse les premières grosses pluies. Elles sont arrivées dimanche 25 octobre. Avec la pollution des sols, les risques sanitaires sont désormais encore plus importants.

 

«Pour ceux qui se demandent pourquoi les Libanais ont désormais peur de la pluie, voici une photo.»

Dimanche 25, on a pu voir se multiplier les vidéos et les photos montrant des rues inondées de coulées de boue sur lesquelles flottent des centaines de sacs d’ordures. À l’image de celle-ci, publiée sur la page Facebook du groupe «Vous puez!» [طلعت ريحتكم], l’un de ceux qui organise depuis trois mois des manifestations contre l’inaction du gouvernement et des opérations de collecte des déchets:

Pollution des sols

Depuis le 17 juillet, les ordures laissées dans les rues ont fermenté, pourri, se sont décomposées, certaines ont été brûlées et leurs fumées répandues dans l’atmosphère. L’air respiré est depuis contaminé par «différentes substances toxiques comme le dioxyde de carbone, l’oxyde nitreux et le méthane, qui conduisent à de nombreuses maladies respiratoires mortelles», explique le blog eTobbL’augmentation du nombre de mouches et de moustiques contribue également à transmettre les maladies.

Or les orages de dimanche risquent de précipiter cette crise sanitaire dans une nouvelle phase. C’est maintenant que les risques sont les plus graves. Les ordures vont désormais se «désintégrer dans le sol pour atteindre les réserves d’eau souterraine tels que les puits naturels ou l’eau fossile (non renouvelable)», ajoute le même blog. Cette eau, les Libanais la boivent ou l’utilisent pour irriguer les champs dans lesquels poussent les fruits et les légumes. Des déchets supplémentaires risquent également d’être déversés dans la mer. 

Choléra

En plus des maladies intestinales et des diarrhées qui se propagent par l’eau insalubre et l’assainissement insuffisantcertains médecins craignent le développement du choléra ou de la typhoïde au Liban. 

Des cas de choléra ont déjà été confirmés en Syrie et en Irak. Le 8 octobre, l’OMS faisait état de 1.263 cas en Irak. Selon un médecin syrien, cité par The Independent, qui consacre un article au développement de cette maladie en Syrie, «un large nombre de personne peut être exposé, d’autant que, historiquement, cela affecte les personnes qui sont déplacées».

Le choléra «pourrait se propager rapidement, tant à l’intérieur du pays qu’à travers les frontières». Au Liban, les réfugiés risquent donc d’être les premiers touchés. 

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