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Les bombardements russes ne freinent pas l’avance des rebelles syriens

Des soldats russes à Kunbinka près de Moscou le 16 juin 2015. REUTERS/Maxim Shemetov

Des soldats russes à Kunbinka près de Moscou le 16 juin 2015. REUTERS/Maxim Shemetov

Les milices anti-assad bénéficient de nouveaux matériels et notamment de missiles fournis par l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis.

A en croire les communiqués triomphants des premiers jours de l’intervention militaire russe au coté de Bachar el-Assad en Syrie, les rebelles, islamistes ou pas, n’avaient plus aucune chance. Trois semaines plus tard, la réalité sur le terrain semble toute autre.

Le site Dailybeast souligne que les rebelles ne perdent pas de terrain et au contraire continuent à progresser au nord de Damas notamment, la zone d’où est originaire la famille el-Assad. Cela aurait provoqué des tensions et des altercations entre les généraux russes, syriens et iraniens qui mènent la campagne contre Daesh et l’ensemble des forces rebelles.

Les raisons des succès inattendus des rebelles tiendrait au fait selon The Dailybeast: que les différentes composantes rebelles auraient cessé de s’affronter et se seraient soudées contre l’ennemi commun, qu’elles bénéficieraient aussi de nouveaux matériels et notamment de missiles anti-char qui auraient fait des ravages dans les rangs de l’armée syrienne et qu’enfin, comme le soulignent la plupart des stratèges, les frappes aériennes ne permettent pas seules de gagner une guerre si elles ne sont pas appuyées par des troupes au sol motivées, entraînées et bien équipées.

Les réseaux sociaux sont remplis depuis trois semaines d’images de chars syriens détruits par le missile anti-char BGM-71 Tow du matériel américain que l’Arabie Saoudite distribue généreusement via la CIA à certains groupes de rebelles anti-Assad dits «modérés» surtout depuis l’intervention russe.

Au cours des derniers jours, deux groupes rassemblant plusieurs milices -Jaysh al-Fateh (l’armée de conquête islamiste) et l’Armée syrienne libre- ont annoncé avoir lancé une contre offensive au nord de Hama et à l’est de Lattaquié, la région natale de la famille Assad où se trouve la principale base militaire russe. Des soldats russes auraient été tués dans la région de Lattaquié, une information démentie par Moscou. Une source pro-Assad se plaignait récemment de la perte de «24 chars et 450 hommes» à Hama pour un gain de «50 centimètres».

Pour sa part Daesh a gagné du terrain dans la région d’Alep profitant de la concentration de puissance de feu de l’aviation russe contre une milice de l’Armée syrienne libre soutenue par les Etats-Unis et baptisée Division 1.

Même Vladimir Poutine a reconnu implicitement que la campagne militaire s’annonçait difficile expliquant que «l’armée syrienne fait réellement des progrès avec notre soutien mais que les gains sont encore modestes…».

La capacité de résistance des rebelles, qui font face à l’armée syrienne, au Hezbollah libanais et aux milices encadrées par des Gardiens de la révolution iraniens et des officiers russes, est une surprise. Elle l’est moins si on prend en compte l’aide considérable qu’ils reçoivent maintenant des services de renseignement américains et des pays de la région, notamment saoudiens, qataris et turques. 

Selon les calculs de Charles Lister, spécialiste de la Syrie de la Brookings Institution, qui a écrit pour le Huffington Post, l’utilisation des missiles Tow a augmenté de 850% depuis que les bombardements russes ont commencé. Sont réapparus également sur le champ de bataille le lance-roquettes multiples RBG-6 acheté par les Saoudiens à la Croatie en 2013 et qui entrent en Syrie via la Jordanie.

Mohammed Rasheed, un combattant d’une des milices soutenues par la CIA, interrogé par The Daily Beast explique «avoir libéré deux villes au nord de Hama Mea’ar Kabi et Lahaya. Nous avons préparé cette opération depuis le début de l’invasion russe. Nous voulions retourner la situation et les attaquer au lieu de seulement se défendre».

Toujours cité par The Daily beast, le major Raed al-Saleh, qui commande Tajammu al-Izza, une autre milice soutenue par les services de renseignement américains, affirme avoir intercepté des communications très tendues entre un général russe et le général syrien Jamal Younis qui commandait à Hama et a été relevé de ses fonctions.

 

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