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La misère recule dans le monde et ce n’est surtout pas grâce à l’aide au développement

Dhaka, au Bangladesh, en 2012. REUTERS/Andrew Biraj

Dhaka, au Bangladesh, en 2012. REUTERS/Andrew Biraj

La pauvreté extrême est en voie de disparition. Qui s'en félicite?

Ce n’est pas l’aide au développement, mais la mondialisation qui sort les populations de la misère extrême. C’est ce que montrent les derniers chiffres de la Banque mondiale, passés inaperçus dans la plupart des médias. Ils vont à l’encontre, il est vrai, comme le souligne Pierre-Antoine Delhommais dans Le Point, des dénonciations permanentes du capitalisme et du commerce international qui conduisent l’humanité au désastre et à la ruine…

Mais les faits ne sont pas des opinions. «La part de la population de la planète vivant dans la misère est tombée en 2015, malgré les guerres et le ralentissement de la croissance, sous le seuil de 10%... Pourtant, cette nouvelle aussi sensationnelle que réjouissante pour l'humanité est passée totalement inaperçue en France.»

Entre 1990 et 2015, grâce à une croissance économique de près de 5% par an en moyenne et réussissant pour la première fois à irriguer le monde tout entier, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour (nouveau seuil de pauvreté, qui a remplacé le seuil de 1,25 dollar pour tenir compte de l'inflation) a reculé de 1,25 milliard, passant de 1,96 milliard à 702 millions. Une baisse d'autant plus spectaculaire que, pendant cette période, la population mondiale a augmenté de 2 milliards.

Moins d'un habitant de la planète sur dix vit aujourd'hui dans la misère absolue, c'était plus d'un sur trois (37,1%) il y a vingt-cinq ans. À des rythmes divers, toutes les régions du monde ont vu la pauvreté reculer.

«Il faut tout de même avoir le cerveau idéologiquement passablement perturbé pour ne pas y voir un formidable progrès», écrit Le Point. Reason Magazine aux Etats-Unis, site libertaire, revient sur le biais idéologique presque inconscient de la plupart des médias et des commentateurs dans un domaine étroitement lié à la lutte contre la pauvreté dans le monde: l’aide au développement.

«De nombreux médias installés sont obsédés par la défense de la diversité tout en pratiquant l’exclusion idéologique. Cela produit des trous noirs dans la couverture de l’actualité et de multiples exemples de biais inconscients». Et Reason de citer un article du Washington Post qui commence ainsi sur le dernier prix Nobel d’économie Angus Deaton. «Cela peut sembler fou de dire que l’aide internationale fait souvent plus de mal que de bien aux pauvres des pays pauvres. C’est pourtant ce que Angus Deaton, le nouveau Prix Nobel d’économie, a démontré», écrit le Washington Post.

«Qu’y-a-t-il de si fou que cela exactement?» s’interroge Reason. La démonstration a été faite de nombreuses fois sur les effets pervers de l’aide internationale au développement: elle soutient des gouvernements corrompus et réduit la croissance économique en sabotant les activités locales et en perpétuant ainsi un cycle de dépendance. Cette démonstration a été faite encore et encore. Reason cite ainsi des études et des articles de American Enterprise Institute, Der Spiegel, NPR, The Atlantic, New York Times… On peut y ajouter cet article de Vox sur le scepticisme des experts sur les bienfaits de la Bill & Melinda Gates Foundation.

Si la misère extrême a reculé et recule dans le monde ce n’est surtout pas grâce à l’aide au développement. C’est en dépit de l’aide.

Et selon la Banque mondiale, la pauvreté extrême devrait continuer à reculer jusqu'à totalement disparaître d'ici à 2030. En l'espace de seulement quatre décennies, l'humanité aura réussi à se débarrasser de ce qui constitue depuis des milliers d’années le principal fléau qui l’affecte. Et personne ou presque ne s’en rend compte et ne s’en réjoui.

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