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Les hommes ne dormaient pas plus il y a 30 000 ans

Cutest pug / Christopher Michel via Flickr CC License by

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La vie moderne et urbaine n'a pas réduit notre temps de sommeil.

A en croire le sentiment général, la vie urbaine, la technologie, le stress, les écrans, les téléphones portables, les sollicitations permanentes expliquent la maladie de l’homme moderne: la fatigue et le manque de sommeil. Comme bon nombre d’idées toutes faites et répandues, elle est totalement fausse.

C’est ce que montrent les travaux de chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles, publiés par la revue Current Biology. Ils soulignent que le mode de vie des hommes préhistoriques ne leur garantissait pas, loin de là, des nuits de sommeil plus longues que les nôtres

«Les gens sont toujours en train de dire que nous dormons beaucoup moins depuis que la lumière électrique s’est répandue. Ils expliquent que nous sommes faits pour dormir quand il fait nuit», explique Jérôme Siegel, professeur de psychiatrie de l’Université de Californie. «Mais comment mesurer cela avec des données réelles. Nous n’avons été capables de mesurer le sommeil que depuis 50 ans», ajoute-t-il.

Ces scientifiques ont donc décidé d'observer des tribus qui vivent dans des conditions relativement semblables aux chasseurs-cueilleurs de l'ère paléolithique. Ils ont surveillé de près le sommeil de trois sociétés tout à fait éloignées les unes des autres sur la surface du globe: les Hadza de Tanzanie, les San en Namibie et les Tsimane de Bolivie.

Dans ces trois communautés, la moyenne d'une nuit n'excède pas six heures et 25 minutes. Et ces populations ne sont en aucun cas exposées aux nuisances de la vie dite moderne. Ce qui a également frappé les chercheurs c'est qu'apparemment les heures de sommeil n'étaient pas liées à la luminosité mais plutôt à la température ambiante. En moyenne, les trois groupes se couchent environ trois et heures et 20 minutes après le coucher du soleil alors même que leur seule source de lumière dans l'intervalle est le feu. Et les personnes observées ont tendance à dormir aux heures les plus froides de la nuit. Elles dorment également une heure de plus en hiver qu’en été.

Plus étonnant encore, les trois sociétés observées n'ont jamais évoqué la moindre sensation de fatigue malgré des nuits plutôt courtes et deux des trois groupes étudiés n'ont même pas de mot pour signifier insomnie.

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