Santé / Monde

L’Iran en passe de légaliser le cannabis et l'opium?

Temps de lecture : 2 min

L’Iran, qui compte entre cinq et six millions de drogués, se pencherait sur l’hypothèse de la légalisation des drogues, même dures, pour y remédier.

Saisie d’opium, à Zahedan, en Iran, le 20 mai 2009 | REUTERS/Caren Firouz
Saisie d’opium, à Zahedan, en Iran, le 20 mai 2009 | REUTERS/Caren Firouz

Dans un pays régi par la République islamique, difficile de croire que près de 8% de la population soit accro aux drogues. Pourtant, entre 5 et 6 millions d’Iraniens seraient concernés par une addiction. Des chiffres qui s’expliquent notamment par la proximité avec les lieux de productions et, donc, des prix assez bas.

Actuellement, les Iraniens risquent jusqu’à la peine de mort pour la simple détention de substances illicites (500 personnes exécutées pour des affaires liées à la drogue en 2015). Mais, après plusieurs années d’échecs dans leurs politiques de répression, les autorités iraniennes réfléchiraient à assouplir leur loi concernant la drogue pour tenter d’endiguer le phénomène.

The Conversation rapporte la proposition de Saeed Sefatian, une personnalité de premier plan à la tête d’un groupe de travail sur la réduction des drogues au Conseil de discernement, qui proposerait une nouvelle politique en matière de drogues incluant une légalisation de l’opium et du cannabis. Le Conseil de discernement est un organe de la vie politique extrêmement important en Iran: il régit les lois sur les drogues alors que toutes les autres lois sont votées au Parlement.

En 2012, «Envoyé Spécial» proposait une émission sur les ravages de la drogue en Iran; la deuxième partie du reportage est à retrouver ici

Freiner la toxicomanie

Dans les années 2000, l’Iran était déjà assez en avance sur les pays occidentaux de par la mise en place de programmes de distribution de seringues propres et de substitution aux opiacés, notamment dans les prisons. Ces prises de positions ont permis de mettre un frein à la propagation du VIH, qui faisait des ravages à cause de l’échange de seringues, mais pas à la toxicomanie en elle-même. L’État voudrait donc désormais contrôler toute la chaîne de production, de la culture jusqu’aux consommateurs, afin de garantir le prix, l’origine et la qualité.

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La proposition ne fait toutefois pas encore l’unanimité et des conservateurs estiment que l’usage de drogues doit être prohibé. Dans un pays où près de 70% de la population carcérale est en prison pour des affaires de drogues, il est tout de même légitime de se poser la question. Les défenseurs de Sefatian mettent eux en avant les retombées économiques, l’apport pour le secteur agricole, le désengorgement des prisons et une redistribution des fonds alloués à la répression pour la prévention.

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