Les singes qui crient le plus fort sont ceux qui ont les plus petits testicules

Singe hurleur | angela n. via Flickr CC License by

Singe hurleur | angela n. via Flickr CC License by

Des chercheurs ont repéré chez les singes hurleurs un phénomène de compensation entre leur organe vocal et leurs organes génitaux.

Plus un singe hurleur crie fort, plus ses testicules sont petits. Ce phénomène de compensation vient d’être mis en évidence par une étude publiée dans la revue Current Biology et intitulée «Compensation évolutionnaire entre cordes vocales et dimension des testicules chez les singes hurleurs».

Quartz rapporte que ces différences sont liées à des modes d’accouplement différents chez diverses espèces de singes hurleurs. Ceux qui ont une grosse voix grave et de petits testicules vivent plutôt dans des groupes familiaux avec un mâle unique et plusieurs femelles. De l’autre côté, ceux qui ont des rugissements plus modestes et des organes génitaux plus gros vivent dans des groupes avec plusieurs mâles: ils ont besoin de produire plus de sperme s’ils veulent augmenter leurs chances de procréer.

«Plus l’organe vocal d’un singe hurleur mâle est grand et plus son cri est imposant et grave, plus ses testicules sont petits et moins de sperme ils produisent», écrivent les auteurs.

Sélection sexuelle

Pour le biologiste Jacob Dunn, de l’université de Cambridge, ce phénomène est un exemple de sélection sexuelle telle qu’elle était décrite par Charles Darwin:

«Chez d’autres animaux, il y a des données qui montrent que les mâles qui ont des corps imposants, des couleurs vives, des cornes ou des longues canines investissent moins dans d’autres traits reproductifs, explique Dunn au Washington Post. Mais c’est la première fois qu’on a la preuve qu’une espèce développe une forme de compensation entre investissement vocal et production de sperme.»

Au cours de l’évolution de certains de ces singes hurleurs, le fait de développer un organe vocal produisant un plus grand rugissement a pu limiter le développement d’autres parties du corps.

Les auteurs n’ont pas indiqué si ce mécanisme de compensation était également valable pour les mâles humains.

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