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Ces porcs venus de l’élevage intensif ont découvert la vie au grand air

La vie à la ferme | Jenny Poole via Flickr CC License by

La vie à la ferme | Jenny Poole via Flickr CC License by

En juin 2015, la liberté a été rendue à une truie et ses porcelets promis à l'abattoir. Ces animaux ont découvert la lumière du jour, les roulades dans la boue et appris à avaler autre chose que de la farine.

Non seulement l'hebdomadaire allemand SZ Magazin dénonce les méthodes barbares de l'élevage intensif, mais se livre également à une expérience des plus encourageantes: rendre leur liberté à cinq porcs qui n'ont jamais vu la lumière du jour, qui ne connaissent pas le goût de l'herbe, qui ne se sont jamais roulés dans la boue. Le 1er juin 2015, une truie promise à l'abattage parce qu'elle avait cessé d'être fertile et quatre porcelets âgés de trois mois, eux aussi condamnés à mort dès qu'il auraient atteint une centaine de kilos quatre mois plus tard, ont quitté l'élevage dans lequel chacun d'eux ne disposait que de 0,75 m2 pour vivre selon la réglementation actuelle en Allemagne.

Cette expérience de «resocialisation», que le magazine avait déjà menée avec des poules il y a quinze ans, a été conduite sous la houlette du professeur Hans Hinrich Sambraus, qui est à la fois vétérinaire et zoologue. À l'arrivée du camion dans la ferme bavaroise dans laquelle les cinq porcs vivent désormais au grand air, la truie Svenja, fraîchement baptisée par l'équipe de sauveteurs, se roule avec délice dans la boue, pour la toute première fois de sa vie, tandis que les porcelets, tétanisés, restent à l'intérieur.

À la ferme

Les premiers jours sont les plus difficiles. Étant donné que la seule chose que connaissent leurs pattes sont les grilles en métal, les porcelets ne savent pas se rouler dans la boue et ainsi protéger leur peau sensible des rayons du soleil. Dès la première après-midi ensoleillée, ils sont bardés de coups de soleil. Ils n'arrivent pas non plus à se nourrir, habitués qu'ils sont à engloutir de la farine:

«Nous essayons de nourrir les porcs mais les nouveaux venus ne savent quoi faire du pain sec, des légumes et des pommes de terre à la vapeur: ils prennent les morceaux dans leur gueule, puis les laissent tomber.»

Les porcelets ne savent pas se rouler dans la boue et ainsi protéger leur peau sensible des rayons du soleil

Au bout de quelques jours, ils apprennent à manger ce que le fermier qui les a adoptés leur donne et se mettent même à brouter. Le 10 juin, Svenja a même appris à reconnaître son nom quand on l'appelle. Fin juillet, elle s'assied quand le fermier le lui demande avant de lui donner une pomme. Comme l'explique le magazine, les cochons apprennent les tours bien plus rapidement que les chiens, et sont aussi intelligents que des enfants de 3 ans:

«Ils savent se reconnaître dans le miroir, gardent en mémoire ce qu'ils ont appris durant des années, peuvent travailler en équipe et ressentent l'empathie.»

En quelques semaines, les nouveaux venus se sont parfaitement intégrés au groupe de porcs qui vivaient déjà dans la ferme, y menant une vie paisible:

«Quand les porcs ont suffisamment de place et assez à manger, ils se comportent de manière pacifique et sociable, comme les humains.»

L'Allemagne est aujourd'hui le plus grand producteur européen de viande de porc. Un Allemand en consomme en moyenne 60 kilos par an à lui tout seul. Comme le rapportait en février 2015 le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, 59 millions de porcs ont été abattus en Allemagne en 2014, soit 0,2% de plus que l'an passé. Il suffirait pourtant que les consommateurs soient prêts à payer leurs saucisses un peu plus cher pour améliorer les conditions d'élevage des bêtes, rappelle le SZ Magazin:

«Les animaux auraient plus de place, plus de temps avant l'abattage, une meilleure vie.»

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