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Le patron qui avait fixé un salaire minimum à 75.000 dollars par an en passe de réussir son pari

Dan Price dans un reportage de la chaîne CBS Evening News (Capture d'écran Youtube)

Dan Price dans un reportage de la chaîne CBS Evening News (Capture d'écran Youtube)

En avril dernier, Dan Price avait décidé de faire un gros geste pour ses employés.

Vous souvenez-vous de ce curieux patron d’une entreprise de traitement des paiements par carte bancaire de Seattle qui annonçait en avril 2015 que le salaire minimum serait désormais fixé à 70.000 dollars (seuil à atteindre progressivement) dans son entreprise?L'initiative, qui avait bien sûr fait bondir de joie ses employés à l’époque, lui avait été inspirée par une étude de 2010 écrite par Daniel Kahneman et Angus Deaton, auquel on a depuis décerné l’équivalent du prix Nobel d’économie 2015. Selon ces travaux, gagner davantage que 75.000 dollars par an (soit environ 5.000 euros par mois) ne changerait à peu près rien au bonheur des foyers concernés. 

En revanche, en-dessous de ce niveau de revenus, une augmentation a un impact significatif sur la félicité individuelle. Le patron en question, Dan Price, avait alors décidé de cette augmentation générale (sur ses 120 employés, 70 en ont bénéficié) en la finançant en bonne partie par une réduction drastique de son propre revenu (il est passé de plus d’un million de dollars par an à 70.000 dollars).

«Tu me voles!»

Le site Inc. a retracé la genèse de ce geste atypique et les retombées économiques six mois après les faits. Avant de vous dire si Dan Price s’est cassé les dents sur son humanisme ou s'il a prouvé que le cynisme de ses homologues moins scrupuleux était en plus contre-productif, l’article raconte comment l’idée a germé dans l’esprit de Price. 

À la fin de l’année 2011, Jason Haley travaillait pour la société Gravity payments de Price mais n’avait pas encore eu l’occasion de percevoir la fibre sociale de son employeur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il lui a alors lancé: «Tu me voles!» L’interpellation a eu le don tourmenter Price pendant un certain temps. S’apercevant que son mal-être venait du bienfondé de l’accusation, il a alors décidé une augmentation générale de 20% en 2012 avant de la reconduire les années suivantes, jusqu’à la théâtrale annonce d’avril dernier.

Hausse du nombre de clients

À ce moment là, beaucoup (mais pas toujours des plus intelligents) ont prédit la chute du jeune entrepreneur dynamique. Mais il se trouve, au contraire, que la décision de Price a renforcé la réussite de sa société. Les demandes de clients sont passées de 30 par mois à 2.000 tous les quinze jours, grâce à la nouvelle publicité autour de la politique salariale locale. La société a connu une hausse de la productivité de ses employés tandis que le taux de conservation des clients a été porté de 91% à 95% alors que la moyenne nationale est de 68%. 

Il est encore un peu tôt, sans doute, pour juger de la pérennité de cette initiative prise dans un milieu pas franchement acquis à la cause d’une meilleure redistribution des richesses mais pour le moment ce sont les oiseaux de mauvais augures qui en sont pour leur frais.

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