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Rugby cherche star désespérément

Jonny Wilkinson, lors de la Coupe du monde 2011. REUTERS/Marcos Brindicci.

Jonny Wilkinson, lors de la Coupe du monde 2011. REUTERS/Marcos Brindicci.

Jonah Lomu a été la star du rugby mondial à la fin des années 1990. En France, Sébastien Chabal surfe encore sur la Chabalmania, huit ans après son explosion. A part ça, rien, ou presque: totalement entré dans l’ère du sport-spectacle, le rugby ne produit pas de star. Ce n’est pas un hasard.

Ce sera peut-être Julian Savea, l’ailier néo-zélandais qui a déménagé l’équipe de France à lui seul sur une action qui traversera le temps. Ce ne sera pas Dan Biggar, puisque le Pays de Galles est éliminé. L’Australien Bernard Foley a un petit potentiel. Mais le plus probable, c’est que ce ne sera personne. Chercher à savoir qui sera la star de la Coupe du monde de rugby est aussi confortable que déchiffrer les combinaisons offensives du XV de France 2011-2015. Au-delà, déterminer qui est la star du rugby mondial du début du XXIe siècle est un jeu de piste sans issue.

Le rugby brille par son incapacité à faire émerger une superstar dont l’aura traverserait les continents et qui assurerait, par la seule grâce de ses apparitions, la promotion de sa discipline. Pour un sport spectacle qui se conçoit comme le troisième événement mondial, c’est un bug majeur. Le rugby ne possède pas son Cristiano Ronaldo ni son Lionel Messi. Il n’a pas son Roger Federer, il cherche son Usain Bolt, il ne voit pas venir son Michael Jordan. Au rugby, les équipes passent, les têtes ne dépassent pas. Ou pas assez.

Ce constat ignore superbement certains seigneurs qui font la gloire du ballon ovale. Mettons nous bien d’accord sur ce qu’est une star. Le rugby possède ses très grands joueurs et ses légendes, ces noms et personnages qui humidifient les yeux des anciens ou suscitent l’admiration des initiés. Les Néo-Zélandais Richard McCaw ou Dan Carter sont des références mondiales à leur poste qui ont déjà laissé une trace dans l’histoire de leur sport. L’Anglais Jonny Wilkinson incarne personnellement la figure du sportif parfait: exceptionnel dans le jeu et le palmarès, travailleur au quotidien, humble jusqu’aux cimes de la gloire. Serge Blanco fut l’équivalent de Yannick Noah, Michel Platini ou Bernard Hinault –il y a un quart de siècle. Les Australiens David Campese et John Eales, plus jeunes, peuvent encore monnayer leurs images de legends. Mais un très grand joueur et une star, ce sont deux réalités bien différentes. «Mettez McCaw sur les Champs-Elysées et vous verrez qu’il ne se passera pas grand-chose», admet Jacques Verdier, directeur du Midi Olympique, l’hebdomadaire de référence sur le XV.

Mettre une star sur les Champs et regarder ce qui se passe. Tendre l’oreille après avoir fait du name-dropping dans un repas de famille où les générations se côtoient. Scruter le regard des enfants quand on leur soumet des noms dans la cour de récré. Toutes ces expériences de bon sens permettent de déterminer que le rugby n’a pas construit la ou les stars qui le feraient vivre durablement dans l’esprit des gens. «Une star, c’est une personnalité dont l’impact dépasse le cadre de son sport, voire du sport en général, pour toucher le grand public», définit Roman Ptaszyński, chef de groupe à TNS-Sofres. Les raisons qui rendent le rugby incapable de produire ce genre de personnage figurent dans son ADN, son histoire et les réflexes pavloviens qui continuent d’y régner après un siècle d’amateurisme.

«Chabal, c'est un YouTubeur»

Créer une star et nourrir le buzz autour d’elle, le rugby ne sait pas le faire, sauf par accident. Les exceptions qui confirment la règle s’appellent Jonah Lomu et Sébastien Chabal. Le Néo-Zélandais fut, au coeur des années quatre-vingt-dix, la star du rugby mondial, dotée d’une aura jamais retrouvée depuis. Sébastien Chabal, depuis quelques tampons devenus cultes en 2007, est resté la seule star durable et digne de ce nom du rugby français.

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«Jonah Lomu, c’était un homme particulier et un moment particulier, éclaire Benoît Pensivy, qui vient de signer un documentaire sur le joueur. Son talent a éclaboussé lors d’un événement qui dépassait le cadre du rugby, la Coupe du monde en Afrique du Sud de 1995 sous les yeux de Nelson Mandela. Et par ailleurs, il avait, pour l’époque, une capacité physique hors norme, presque cinématographique. Son essai en demi-finale de la compétition contre l’Angleterre est l’une des images de rugby les plus vues de l’histoire.» Sur cette image, Lomu marche, au sens propre du terme, sur ces pauvres égarés qui avaient envisagé de le plaquer. Le rugby, devenu «open» –c’est-à-dire potentiellement professionnel, ce qui fut vite le cas dans ses grands marchés– commençait seulement à être diffusé en mondovision. «Si [le Néo-Zélandais] Tuigamala avait eu cinq ans de plus, il aurait pu avoir le même impact, il a connu son apogée trop tôt», assure Pensivy.

«Chabal, poursuit-il, est un pur produit médiatique. C’est un YouTubeur. Trois ou quatre images ont marqué le monde et ont fait de lui un star. C’était un joueur correct qui a fait quelques très bons matches et beaucoup de moyens. La dimension qu’il a prise est due à l’époque à laquelle il a vécu.» Chabal a été l’image du rugby en France dans des périodes où il était à la marge du groupe France, voire en Pro D2. Un peu comme si Hatem Ben Arfa, en football, avait éclipsé pendant des années Karim Benzema, Paul Pogba et Raphaël Varane réunis. «Chabal, à une époque, était même décrié par les vrais amateurs de sport et de rugby pour cette raison-là, souligne Roman Ptaszyński. Reste qu’il a touché toute la population, quelles que soient ses performances sportives. Il est devenu plus qu’un joueur de rugby: un physique, une barbe, une voix, l’archétype de la virilité.»

Sur d’autres noms, il y a un débat. Légitime, mais vite tranché. «Wilkinson est en-dessous de Lomu, affirme Pensivy, mais il est le seul dont le nom peut venir à l’esprit.» «Thierry Dusautoir, Christophe Dominici et Frédéric Michalak sont à mi-chemin entre le statut de joueur important et celui de star, précise Roman Ptaszyński, qui travaille tous les ans sur le sportif le plus populaire auprès des Français avec L’Equipe Magazine. Dusautoir a été dans le Top 3 des sportifs préférés des Français dans l’échantillon des hommes intéressés par le sport. Mais sa popularité est fragile. Elle est directement due à sa performance sportive. Elle ne reste pas. Il a été très en vue après son titre de meilleur joueur du monde fin 2011. Mais dès 2012, il était revenu au niveau d’avant la Coupe du monde 2011.»

Au rugby, les stars ne sont pas les joueurs

Dire que le rugby ne produit pas de stars est, à la lettre, impropre. C’est juste que les stars ne sont pas les joueurs. La star du rugby mondial, le star qui fait vendre et suscite une passion spontanée, la star dont le nom parle à tout le monde, c’est le label «All Blacks». L’équipe de Nouvelle-Zélande est mythique depuis sa première tournée européenne en 1905.

En France, le président du RC Toulon et son entraîneur signent plus d’autographes que les joueurs. Leur verbe haut et leur personnalité débridée les désignent comme les vedettes de la discipline. Mourad Boudjellal et Bernard Laporte, les intéressés, s’en accommodent volontiers. Mais ils savent que c’est anormal. Cela fait au moins un point commun avec les instances du rugby français, où ils ont peu d’amis.

Non seulement le rugby crée peu de stars, mais ce n’est pas parti pour changer. «C’est un jeu qui se prête peu à la starification, explique Verdier. C’est un sport où un homme seul ne peut rien.» «Les joueurs qui marquent les points sont un peu plus visibles que les autres, ce qui a pu contribuer à l’aura de Carter ou Michalak, mais il n’est pas exceptionnel de marquer 10 ou 15 points par match, constate Pensivy. Il n’y a pas l’effet de rareté du buteur en football. Un exploit exceptionnel qui te sauve un match pourri, comme dans le foot, ce n’est pas possible en rugby. L’individualité, dans le rugby, est humble par nature, elle sait que si elle a marqué les points, elle le doit en grande partie aux autres.»

«Un très grand joueur peut faire gagner son équipe, bien sûr, enchaîne Verdier quand on lui soumet l’exemple de Wilkinson offrant, par ses coups de pied, la Coupe du monde à l’Angleterre en 2003. Le demi d’ouverture est peut-être davantage mis en avant. L’ailier est très visible en cas d’essai. Mais s’il n’a pas un ballon, il n’aura aucune influence. Zéro. C’est l’essence même du rugby.» Le rugby, en qualité de sport de combat collectif, «le seul dans ce cas», enchaîne Verdier, est une discipline où «on a infiniment besoin des autres». «Vous pouvez être le meilleur pilier droit du monde, si le talonneur ne pousse pas, vous n’existez pas, insiste le directeur du Midol. Cette incapacité à se mettre en avant vient de la règle du jeu. Tous les joueurs, tous les postes sont tenus par un tissu collectif. La majorité des joueurs revendique cette humilité. A juste titre.»

Cette humilité fait tout simplement partie du bagage individuel nécessaire à la réussite. Mais elle freine l’accès à la notoriété suprême. «Pour devenir une star, un sportif doit sortir du cadre, par un fait majeur capable de faire de lui une personnalité médiatique, explique Ptaszyński. En ce moment, le rugby ne suscite pas cela. La plupart des gens auraient du mal citer trois noms d’internationaux entre chaque Coupe du monde. Il n’y a pas assez d’histoire pour créer un lien émotionnel fort, que ce lien vienne d’une performance, d’un plan marketing calibré, d’une adhésion spontanée des gens ou du storytelling des médias.»

D’autres sports moins visibles que le rugby créent cette étincelle. Les instituts de sondage savent pourquoi le judo parvient à faire émerger une star. «Teddy Riner, c’est un très haut niveau de performance, mais aussi des histoires, comme son cursus à Sciences Po. Il a suscité l’intérêt des médias généralistes. Ce n’est plus seulement L’Equipe qui raconte son histoire, c’est aussi TF1 et France 2.» Il n’y a jamais eu autant de tennismen français dans l’élite mondiale, mais un nom émerge. «Jo-Wilfried Tsonga est souvent très bien placé. La raison, c’est sa publicité pour Kinder Bueno.» Qu’il soit le seul joueur du monde à avoir battu Federer, Nadal, Djokovic et Murray dans les deux grandes catégories de tournoi (Grand Chelem et Master 1000) ne lui est ici d’aucun secours.

«Ce n’est pas normal d’avoir si peu de stars»

Deux catégories de personnes permettent notamment aux sportifs de haut niveau de devenir (ou pas), des stars. «Les femmes et les personnes âgées», insiste Roman Ptaszyński. «Le contre-exemple, c’est le perchiste Renaud Lavillenie. Il n’est "que" treizième au classement de la popularité alors que son niveau de performance dans l’absolu est incroyable.» En 2014, le champion olympique français a repoussé le record du monde mythique de Sergueï Bubka en le portant à 6 mètres 16.

Le rugby a-t-il intérêt à faire émerger

des stars?

Roman Ptaszyński, chef de groupe à TNS-Sofres

«Quand on observe les valeurs sur lesquelles le rugby construit son image, on peut même se demander: a-t-il intérêt à faire émerger des stars?» interroge Ptaszyński. Mourad Boudjellal a du mal à conserver son sang-froid quand il est exposé à cette question. Le président du RCT, à contre-courant du milieu, répond par l’affirmative. «Ce n’est pas normal d’avoir si peu de stars. Nous avons quatre ou cinq joueurs qui peuvent faire bouger les lignes, affirme-t-il. Matthieu Bastaraud en est un.» A ses yeux, le rugby en tant que tel n’est pas plus disqualifié qu’un autre pour créer un imaginaire autour d’une individualité. Le grand importateur de vedettes internationales dans le Top 14 estime que l’environnement de la discipline, en France en tout cas, joue un rôle de frein.

«On paye, paradoxalement, le fait d’avoir le meilleur championnat du monde avec le Top 14, analyse Boudjellal. L’éloignement crée des gens mythiques. Or, les joueurs français n’ont pas besoin d’aller voir ailleurs pour grandir. Chabal n’a jamais autant été starifié que lorsqu’il évoluait en Angleterre, et c’est un point commun avec les stars du foot. Quand il est revenu en France, on l’a vu, d’un seul coup, parler rugby toutes les semaines. Du coup, tout s’est calmé autour de lui. Et comme par ailleurs, les rugbymen sont très disponibles par rapport à d’autres sportifs, il manque cette distance qui crée l’imaginaire autour d‘une star, même à l’heure d’internet. Thierry Henry est devenu une star en partant en Angleterre. Tony Parker est devenu une star en allant aux Etats-Unis. Frédéric Michalak en a bénéficié quand il est parti en Afrique du Sud.»

«Par ailleurs, poursuit-il, le rugby n’a jamais vraiment joué un rôle d’ascenseur social et il ne s’est pas ouvert aux cultures de la rue. J’entends pas là le rap, la stand-up, le graphisme. C’est un sport qui, bien aidé par Canal+, a gagné en visibilité dans les années 2000 mais qui est resté enfermé dans sa propre caricature. L’argent reste tabou. La musique qu’on passe au banquet d’après-match reste très accordéon et “fête à la maison”. Or, la starification absolue des footballeurs s’est opérée avec les cultures de la rue. Zidane et Djamel sont devenus stars en même temps. Ribéry a atteint une autre visibilité quand il a fait son clip avec Magic System. Le basket est l’exemple d’un sport qui crée des stars issues de la rue. Le rugby est resté franchouillard, cochonou et bouteille de vin. C’est trop étroit.»

«Dès qu’un joueur se la pète, les autres le remettent à sa place»

Le meilleur facteur de censure à l’émergence des stars se trouve, pourtant, au plus près des hommes. Dans l’intimité du vestiaire. Si le rugby n’aime pas les stars, c’est que les joueurs eux-mêmes n’en veulent ni dans leur équipe, ni dans l’équipe d’en face. «Je n’imagine pas un joueur se mettre en avant, affirme Verdier. Dès qu’un joueur se la pète, les autres le remettent à sa place, aussi fort soit-il sur le terrain.» Le milieu regorge de petites histoires plus ou moins avouables, sûrement pas publiables, et pourtant vraisemblables, de joueurs recadrés de façon virile et incorrecte pour avoir approché la lumière de trop près.

Des fans de Sébastien Chabal lors de la Coupe du monde 2007. REUTERS/Charles Platiau.

«Le vestiaire se crispera toujours face à un joueur qui décharge sa responsabilité sur l’équipe ou sur d’autres joueurs, pose Pierre Rabadan, le capitaine du Stade français champion de France en titre. La solidarité dans la performance doit demeurer, quoiqu’il arrive.» En cas de relâchement sur ce b.a.-ba, la sanction tombe. «Au départ, le mec se fait chambrer, sourit Rabadan. On lui dit: "Tu te prends pour qui?" On reste sur un mode deuxième degré. Si le joueur persiste, ça finira par mal passer. Il peut y avoir des accrochages plus costauds en plein match, un petit truc (sic) qui part dans un regroupement. Je confirme l’existence d’une espèce de pression collective sur les mecs qui sont plus médiatisés que d’autres. Mais il n’y a pas de règles car ce n’est pas arrivé très souvent, en fait.»

Rabadan relève cependant que les joueurs atteints par une forme de hype, même de façon fugace, ont plutôt utilisé leur notoriété au service des valeurs du rugby. «Je ne pense pas que Dominici, Michalak et Chabal aient vraiment recherché ce qui leur est arrivé, dit-il. Ils ont plutôt bon fond et ça s’est bien passé. En fait, personne ne va reprocher à un joueur d’être plus médiatisé qu’un autre. Mais la teneur de son discours va être importante pour que ce soit accepté. Si tu te fais passer, toi, avant l’équipe, ça va forcément te revenir à la gueule à un moment donné. Quelque part, j’espère pour le rugby qu’un joueur retrouvera l’aura d’un Chabal. Le rugby a besoin d’un ambassadeur. Quelqu’un comme Thierry Dusautoir est très intéressant mais il est introverti. La notoriété est tombée sur Sébastien Chabal mais il a fait du bien au rugby. Son discours correspond au système de valeur de ce sport.»

Du diesel dans le réservoir d'une Porsche

Max Guazzini est l’homme qui a poussé la logique de sport-spectacle le plus loin pour recruter un nouveau public: calendrier d’Apollons nus et huilés, guichets fermés au stade de France, maillots flashy, spectacle total pour les familles. L’ex-président du Stade français a toujours incité ses joueurs les plus en vue à jouer le jeu de la médiatisation. Il ne voit pas le problème:

«Christophe Dominici faisait des émissions people, on l’a incité à participer à l’émission de Marc-Olivier Fogiel. Il n’y a jamais eu, chez nous, d’entraîneur borné qui interdisait aux joueurs de se mettre en avant. J’ai toujours apprécié les joueurs qui avaient de la personnalité, en cherchant à les promouvoir plutôt qu’à les gommer, et ça ne m’a jamais posé de problème.»

Christophe Dominici faisait des émissions people, on l’a incité
à participer
à l’émission de Marc-Olivier Fogiel

Max Guazzini, ex-président du Stade Français

Mais Guazzini est une exception. La méfiance du milieu du rugby pour la starification se traduit notamment par une haine tenace envers les signes extérieurs de réussite et les comportements individuels à la marge. Ils sont étouffés à la racine. Dans le livre Je suis le rugbyman masqué, plongée dans les coulisses du rugby français (Hugo Sport), l’auteur, un ancien joueur anonyme, raconte: «Je me souviens d’un mec qui était arrivé en Porsche sur le parking du club. Il est reparti avec du diesel dans le réservoir. On n’a plus jamais revu la Porsche.»

A Toulouse, il fut un temps où le vestiaire menait un concours latent et inédit entre fashionistas capables de venir à l’entraînement avec les fringues les plus à la mode, et les plus chères. Cette gentrification de la terre du rugby fut tolérée car elle impliquait plusieurs joueurs, notamment des cadres. S’il s’était agi d’un m’as-tu-vu isolé, certains anciens seraient allés au bout de leurs pensées. «Les concours de belles voitures, ça viendra si, un jour, le salaire médian tourne autour de 30.000 euros, pense Rabadan. Des mecs débarqueront forcément avec des caisses pas possibles. Aujourd’hui, ils mettent plutôt de l’argent de côté, et quand ils ont une voiture d’un certain standing, c’est qu’elle a été fournie par un partenaire.»

«Le rugby n’est évidemment pas protégé, mais si star il y a, elle viendra de quelque chose un peu part, comme ce s’est passé pour Chabal, dit Verdier. En dehors de cas comme celui-ci, le rugby me semble protégé de la starification des joueurs.» «Je ne vois pas comment cela pourrait changer, sauf si les règles évoluent», confirme Pensivy. Aux yeux de la Ligue nationale de rugby, ce manque de figure visible et désirable constitue un verrou au développement du XV. Avant la Coupe du monde, la commission du marketing de la LNR devait aborder le sujet dans un groupe de travail spécifiquement dédié à la question, mais l’urgence a changé depuis samedi.

Le rugby mondial a encore quatre matches pour trouver un visage qui parlera à la planète pendant quatre ans. Regardez les demi-finales ce week-end et donnez nous des nouvelles. Et si rien ne vient, il ne vous restera qu’à méditer le message de Jonny Wilkinson, le retraité le plus bankable sur les deux premiers marchés mondiaux du rugby, l’Angleterre et la France. Wilkinson, tel un gendre idéal, s’y exprime dans un français trop mignon : «Rien n’est plus beau que l’esprit d’équipe.»

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