Partager cet article

Des réfugiées sont violées mais certaines ONG trouvent que ce n'est «pas le problème»

Des réfugiées afghanes après leur arrivée sur une plage de l'île grecque de Lesbos, le 15 septembre 2015. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Des réfugiées afghanes après leur arrivée sur une plage de l'île grecque de Lesbos, le 15 septembre 2015. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Une journaliste de Buzzfeed dénonce le manque de protection donnée aux femmes par les organisations lors de leur traversée vers l'Europe.

Les récits racontant les viols subis par les réfugiées qui tentent de rejoindre l'Europe s'accumulent, rapporte Jina Moore, correspondante de Buzzfeed News. La journaliste a interviewé à ce sujet plus d'une douzaine de représentants de grandes organisations qui viennent en aide aux réfugiés, dont l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) ou les antennes locales de la Croix-Rouge. Elle explique que tous nient les faits. 

«Ces fonctionnaires ont dit qu'ils n'avaient jamais entendu parler de cas de violences sexuelles ou sexistes le long de ce parcours», explique la journaliste. Pour appuyer ses propos, elle cite Melita Šunjić, en charge de la communication de l'UNHCR en Serbie: 

«Ces problèmes se produisent lorsque vous inscrivez des femmes dans les camps de réfugiés, quand certaines personnes obtiennent des privilèges et de l'aide et d'autres non. Des choses comme cela. Il n'y a même pas le temps pour ça… Pour le moment, cette [agression sexuelle ou exploitation] n'est certainement pas le problème.»

Aucune étude sur le sujet

Le grand nombre de réfugiés complique l'intervention des ONG en cas d'agression, de viol ou d'exploitation sexuelle. Il est vrai aussi que beaucoup de femmes voyagent avec leur famille et leur mari, ce qui dissuade parfois les autres hommes de tenter de commettre des violences sexuelles. Mais, il arrive qu'elles soient en danger dans l'environnement même de leur famille. Elles peuvent y être victimes d'exploitations ou de violence par l'un de leurs proches.

La journaliste dénonce les choix des ONG. Si un soutien matériel (couvertures, nourriture...) est assez bien établi, le manque de protection de ces femmes se ressent cruellement.

L'équipe de l'UNHCR à la frontière entre la Croatie et la Serbie, citée par Buzzfeed, estime qu'environ 15% des 7.000 réfugiés qui arrivent quotidiennement sont des femmes. Or, en réalité, aucune étude n'est menée pour enregistrer combien elles sont à effectuer le trajet vers l'Europe. Ni combien d'entre elles ont été violées.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte