Partager cet article

Comment Nintendo a aidé un jeune Asperger à s'épanouir

Une console Nintendo Entertainment System, plus couramment appelée NES.

Une console Nintendo Entertainment System, plus couramment appelée NES.

L'univers du jeu vidéo a ensuite permis à Cameron d'apprendre à lire, écrire et à mieux interagir avec les autres.

Quand les parents de Cameron ont appris que leur fils était atteint du syndrome Asperger, ils étaient soulagés: son comportement en public, sa fragilité et ses peurs prenaient enfin un sens biologique.

Mais pour Cameron, le diagnostic n’était que le début d’un long chemin tortueux. À mesure que le petit garçon grandit, les exigences sociales deviennent de plus en plus nombreuses et indéchiffrables.

Jusqu’à ce qu’il découvre Nintendo.

«Cette console est devenue mon obsession, et plus encore: […] elle m’a donné les moyens de comprendre mon existence et la volonté d’essayer. J’étais un garçon sans rôle, piégé dans un monde que je ne pouvais pas comprendre. Mais un jeu vous donne un rôle. Un jeu vous donne un monde que vous êtes censé comprendre. C’est impossible d’être rejeté dans un jeu. »

Une passion comme refuge

Cameron développe alors ce que l’on appelle un intérêt spécifique, une passion que les personnes atteintes du syndrome Asperger cultivent dans une proportion incomparable aux neurotypiques: ces passions occupent le plus clair de leur temps.

Mais elles sont aussi «un refuge, autant qu’un lieu d’accomplissement», précise le webdocumentaire Syndrome Asperger : dans la peau d’un extra-terrestrien.

Cameron s’est finalement ouvert au monde grâce aux mondes virtuels qu’il a exploré sans relâche :

«J’ai enfin voulu apprendre des choses. J’ai appris à lire pour comprendre le livret d’instruction de Super Mario Bros. J’ai commencé à dessiner pour pouvoir créer mes propres personnages. Je me suis entraîné à reproduire les notes que j’entendais au piano pour reproduire la bande musicale de La légende de Zelda. J’ai appris à écrire pour faire des fan-fictions», énumère t-il.

Il raconte aussi comment il s’est identifié au personnage de Kirby, cette petite boule rose créée exclusivement pour Nintendo, dont la seule compétence est d’absorber le pouvoir de ses adversaires:

«Il était une vulnérable et solitaire anomalie: il lui manquait toutes les compétences de ceux qui l’entouraient. Imiter les autres était sa seule chance de survie. […] Si je devais être au moins à moitié socialement adapté, j’avais à suivre l’exemple de Kirby (sans le cannibalisme). En imitant consciemment le comportement des autres, j’ai lentement appris à communiquer avec eux.»

«Une merveilleuse part de moi-même»

Pour s’intégrer au lycée, Cameron a fait l’effort de s’intéresser à d’autres choses qu’aux jeux vidéo en continuant la musique, le dessin et l’écriture. Mais il n’a pas délaissé la Nintendo pour autant, au contraire:

«À la fin de mes années en université, […] j’ai appris à considérer mon lien avec la Nintendo comme une merveilleuse part de moi-même. En tant qu’enfant atteint du syndrome d’Asperger, j’aurais pu avoir n’importe quelle obsession. Peut-être que j’aurais mieux réussi si c’était tombé sur les structures moléculaires. Mais je suis heureux que ça ait été la Nintendo.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte